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Des partenaires de la coalition en Israël menacent de renverser le gouvernement

05/01/2014 12:17 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

JÉRUSALEM - Les partenaires les plus intransigeants de la coalition de Benyamin Nétanyahou ont accru la pression dimanche, menaçant de renverser le gouvernement israélien si le premier ministre cède à la pression des États-Unis et accepte une demande territoriale clé des Palestiniens dans le cadre des pourparlers menés par le secrétaire d'État américain John Kerry.

Cet avertissement est survenu alors que M. Kerry prenait une courte pause après trois jours d'intenses négociations avec M. Nétanyahou et le président palestinien, Mahmoud Abbas. Il s'est rendu en Jordanie et en Arabie saoudite pour rallier l'appui des pays arabes à ses efforts, et devait revenir à Jérusalem plus tard dans la journée.

Signe que le secrétaire d'État accroît la pression sur les deux parties, un responsable palestinien a confirmé dimanche que M. Kerry avait demandé à M. Abbas de reconnaître Israël comme l'État juif. M. Abbas a plusieurs fois rejeté cette demande israélienne par le passé, estimant que cela compromettrait les droits des réfugiés palestiniens et de la minorité arabe en Israël. Le responsable a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à discuter des négociations en public.

Avant de quitter Jérusalem, M. Kerry a affirmé aux journalistes qu'il avait fait certains progrès dans les discussions au cours du week-end. Il a remercié MM. Abbas et Nétanyahou pour avoir pris des «décisions difficiles».

Le secrétaire d'État a refusé de donner des détails sur les discussions. Néanmoins, les tractations actuelles semblent porter sur la reconnaissance d'Israël en tant qu'État juif par les Palestiniens, en échange de la reconnaissance des frontières d'avant 1967 par les Israéliens en tant que base des négociations sur les frontières.

Les Palestiniens veulent créer leur État en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est, des territoires pris par Israël en 1967, mais ils accepteraient des échanges mineurs de territoires pour permettre à Israël de garder certaines colonies. Jusqu'à maintenant, M. Nétanyahou a refusé de s'engager à respecter les frontières de 1967 comme point de départ des discussions, du moins en public.

Les discussions à ce sujet indisposent de plus en plus les partisans de la ligne dure en Israël, qui s'opposent à tout retrait en vertu des frontières de 1967.

Le parti Maison juive, affilié au mouvement des colons juifs en Cisjordanie, a menacé de se retirer de la coalition gouvernementale si le premier ministre accepte de revenir aux frontières de 1967.

«Un gouvernement qui accepte les frontières de 1967 comme base des discussions commet un suicide national. Nous n'en ferons pas partie et nous tenterons de le remplacer», a déclaré Ayelet Shaked, présidente de la faction Maison juive au sein de la coalition.

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, du parti nationaliste Israël Beitenou, a estimé que tout accord de paix final devrait redessiner les frontières pour placer une grande partie de la minorité arabe d'Israël du côté palestinien.

«Sans échange de territoires et de populations, Israël Beitenou ne soutiendra pas l'accord», a déclaré M. Lieberman devant un groupe de diplomates.

M. Lieberman affirme que sa proposition ne forcerait personne à quitter sa maison. Ce sont plutôt les frontières qui devraient bouger, a-t-il dit.

Le parti Israël Beitenou a formé une liste commune avec le Likoud de Benyamin Nétanyahou avant les élections parlementaires de l'an dernier. Cette union représente la principale faction au Parlement, et l'éventuel retrait de M. Lieberman de la coalition ferait perdre sa majorité à M. Nétanyahou.

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