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Cambodge: l'opposition jure de poursuivre sa lutte sans violence

05/01/2014 08:28 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

PHNOM PENH, Cambodge - Le chef de l'opposition cambodgienne a promis dimanche de ne pas abandonner les manifestations antigouvernementales pacifiques, malgré la répression violente de la police et les menaces d'actions judiciaires contre lui et ses collègues.

Le chef du Parti du sauvetage national du Cambodge, Sam Rainsy, a aussi affirmé que son parti ne se laisserait pas entraîner dans la violence dans sa lutte visant à faire démissionner le premier ministre Hun Sen et à organiser de nouvelles élections. L'opposition estime que les élections du mois de juillet étaient truquées et lui ont volé la victoire.

Les manifestations antigouvernementales représentent le plus grand défi en plusieurs années pour le régime autoritaire de Hun Sen, qui dirige le Cambodge depuis près de 30 ans. Les manifestations de l'opposition ont été généralement pacifiques, mais les travailleurs en grève de l'industrie du textile ont accru la pression sur le gouvernement.

Les autorités ont annoncé samedi l'interdiction des rassemblements et des marches dans la capitale, Phnom Penh, et ont violemment expulsé un millier de manifestants antigouvernementaux réunis dans un parc. Les procureurs ont aussi sommé Sam Rainsy et le vice-président de son parti de se présenter en cour plus tard ce mois-ci pour être interrogés, apparemment en lien avec les récents rassemblements.

Vendredi, au moins quatre personnes ont été tuées quand la police a ouvert le feu avec des fusils automatiques pour disperser une manifestation de travailleurs du textile qui réclamaient une hausse du salaire minimum dans l'industrie.

La lutte des travailleurs est distincte de celle de l'opposition, mais les syndicats cambodgiens entretiennent depuis longtemps des liens étroits avec l'opposition.

Sam Rainsy s'est adressé à ses partisans dimanche lors d'une cérémonie bouddhiste organisée au siège de son parti en mémoire des quatre personnes tuées vendredi. Environ 1000 personnes étaient présentes, mais l'événement a été interrompu par les forces de sécurité.

Le parti a annulé dimanche son rassemblement hebdomadaire dans un parc de la capitale, qui aurait pu attirer plus de participants que d'habitude après la colère suscitée par les violences de vendredi.

M. Rainsy a insisté sur le fait que son parti refuserait de répondre à la violence par la violence.

«Nous poursuivons nos méthodes pacifiques et non violentes, alors nous allons contourner (la violence des autorités) tout en continuant d'avancer», a-t-il dit à ses partisans. «Il faudra plus de temps, mais au moins, nous éviterons la violence.»

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