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Obama retrouve Washington où l'attendent des dossiers brûlants

04/01/2014 12:45 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

Assurance-chômage, réformes de la santé et de l'immigration, et toujours la NSA: Barack Obama entame 2014 avec plusieurs dossiers brûlants à gérer, avant le grand rendez-vous du discours sur l'état de l'Union à la fin du mois.

Malmené en 2013 sur la scène politique intérieure à cause du lancement raté du volet central de sa réforme santé, et à l'étranger après les révélations sur l'ampleur des opérations de surveillance américaines, M. Obama s'est ressourcé pendant 16 jours à Hawaii (Pacifique).

Avant de partir le 20 décembre pour son archipel natal, à huit heures d'avion de Washington, le 44e président des Etats-Unis, visiblement éprouvé par un automne difficile, s'était dit certain d'avoir "de meilleures idées" après "quelques jours de sommeil et de soleil".

De fait, il a pratiqué assidûment le golf, marché en famille dans les forêts luxuriantes de l'île d'Oahu et s'est tenu à distance des micros.

La transition sera rude pour M. Obama dans la capitale fédérale, où il va perdre plus de 30°C et retrouver lundi un paysage politique qui n'aura pas changé, avec un Congrès en partie hostile dont nombre de membres donneront priorité à leur réélection.

En novembre prochain vont en effet se dérouler les législatives de la mi-mandat, quand l'intégralité de la Chambre des représentants, dominée par les adversaires républicains de M. Obama, et le tiers du Sénat, aux mains de ses alliés démocrates, seront renouvelés.

Ces derniers mois, le président démocrate, frustré par une cohabitation très difficile avec les conservateurs depuis 2011, a espéré que les électeurs lui rendraient une majorité, mais les observateurs en doutent étant donné un découpage électoral défavorable et la passe difficile que traverse M. Obama dans les sondages.

Décision attendue sur la NSA

Sa cote de confiance en berne, à 40% environ, découle du lancement raté d'une phase décisive d'"Obamacare" le 1er octobre: un site internet défectueux et des promesses non tenues ont constitué autant de revers pour l'exécutif.

L'administration s'est félicitée le 31 décembre que plus de deux millions de personnes aient souscrit une couverture santé dans le cadre de la nouvelle loi, mais elle est encore loin d'avoir atteint l'objectif de sept millions évoqué pour fin mars.

Dans l'immédiat, M. Obama devrait réclamer du Congrès une prorogation du dispositif d'aide aux chômeurs de longue durée, qui a expiré pour 1,3 millions d'Américains le 28 décembre faute de feu vert des élus.

Certains républicains estiment que la reprise de l'emploi - 7% de chômeurs en novembre contre 10% au plus fort de la crise ayant éclaté en 2008 - rend un tel dispositif superflu. L'administration affirme que "laisser 1,3 millions d'Américains perdre brutalement leurs allocations chômage n'a pas de sens d'un point de vue économique".

Autre dossier difficile qui devra recevoir le feu vert du Congrès: la réforme de l'immigration.

Le chef républicain de la Chambre, John Boehner, a évoqué un examen par volets séparés du dispositif déjà voté en juin 2013 par le Sénat, mais le plan définitif pourrait du coup s'avérer moins ambitieux qu'espéré. M. Obama souhaite que soit trouvée une solution à la situation des quelque 11 millions de personnes vivant clandestinement sur le sol des Etats-Unis.

Ces questions devraient figurer en bonne place dans le discours sur l'état de l'Union que M. Obama prononcera le 28 janvier face aux élus pour exposer ses priorités des 12 prochains mois.

Mais sans attendre, le président devrait évoquer courant janvier la réforme de l'agence de sécurité nationale (NSA). Un volumineux rapport d'experts lui a été rendu à la mi-décembre, appelant à réviser en profondeur les pratiques de surveillance tous azimuts de l'agence révélées par l'ancien contractuel du renseignement Edward Snowden.

Les appels à la clémence voire à une amnistie pour M. Snowden se sont multipliés cette semaine. Mais la Maison Blanche n'a pas changé de position, souhaitant que l'ex-consultant quitte la Russie où il s'est réfugié, et vienne aux Etats-Unis répondre des faits d'espionnage qui lui sont reprochés.

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