NOUVELLES

Mauritanie: arrestation d'un jeune homme accusé de blasphème

04/01/2014 07:44 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

Un jeune Mauritanien a été arrêté à Nouadhibou pour blasphème après qu'il eut écrit un article critiquant le prophète Mahomet et qui a provoqué une manifestation d'hostilité dans cette ville du sud-ouest de la Mauritanie, a appris l'AFP samedi de sources concordantes.

Le jeune homme, identifié comme Mohamed Cheikh Ould Mohamed, employé d'une société minière à Nouadhibou, a été arrêté jeudi par la police et était toujours détenu samedi, a indiqué une source sécuritaire jointe depuis Nouakchott.

Il est accusé d'avoir écrit un article, qui a été publié sur des sites internet mauritaniens puis retiré quelques heures plus tard, dans lequel il contestait des décisions prises par le Prophète et ses compagnons concernant la guerre sainte.

Il y accusait aussi la société mauritanienne de perpétuer un "ordre social inique hérité de cette époque" et défend la caste des forgerons - dont il est lui-même membre - ainsi que d'autres couches au bas de l'échelle sociale qu'il décrit comme "marginalisées et défavorisées à la naissance".

Vendredi après la prière hebdomadaire, des centaines d'habitants de Nouadhibou ont manifesté contre le jeune homme, le qualifiant de "renégat" et "blasphémateur", et réclamé des sanctions à son encontre, ont rapporté des médias locaux.

L'affaire a également été dénoncée vendredi par l'imam central de Nouakchott, Ahmedou Ould Lemrabott Ould Habibourrahman, qui a exhorté le gouvernement à protéger l'islam et son prophète contre des "malfaiteurs" ciblant cette religion, en exigeant des actes "dissuasifs" à leur encontre.

C'est apparemment la première fois qu'un écrit critique de l'islam et du Prophète est publié en Mauritanie, République islamique où la charia (loi islamique) est en vigueur mais dont les sentences extrêmes comme les peines de mort et de flagellations ne sont plus appliquées depuis les années 1980.

hos/cs/jlb

PLUS:hp