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Madagascar: la mouvance Ravalomanana fait pression sur la Cour électorale

04/01/2014 11:07 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

Le parti de l'ancien président malgache Marc Ravalomanana a menacé samedi de faire descendre ses partisans dans la rue si la Cour électorale spéciale (CES) ne reconnaissait pas la victoire de son candidat Robinson Jean Louis à la présidentielle.

Le candidat du pouvoir Hery Rajaonarimampianina a remporté le second tour de l'élection avec 53,50% des voix selon les résultats finaux annoncés vendredi par la commission électorale, mais la CES doit maintenant examiner les différents recours avant de proclamer le vainqueur.

M. Jean Louis, qui crie à la fraude depuis le scrutin du 20 décembre, a déposé de nombreux recours en annulation. Il s'estime gagnant avec près de 53% des suffrages.

"Pour vous à la CES, je m'adresse spécialement à vous, la foule ici sur la +place de la Foi+ (un ancien supermarché de M. Ravalomanana où se rassemblent régulièrement ses partisans, ndlr) s'adresse spécialement à vous. Ne comptez pas arnaquer le peuple", a lancé le nouveau chef de la mouvance Ravalomanana, Roland Ravatomanga, lors d'un meeting samedi.

"On n'a pas l'intention de vous terroriser, ni de vous menacer. Mais on vous prévient seulement: attention, vous risquez de subir la fureur du peuple", a-t-il poursuivi.

"Encore une fois on ne terrorise pas, on ne menace pas. Ne nous forcez pas à faire une bêtise", a ajouté M. Ravatomanga, qui s'exprimait en malgache.

"Nous avons un juriste de confiance au sein de la CES. Si jamais nous savons avant l'heure que ça va dans le mauvais sens, alors, nous nous en excusons à l'avance, mais le peuple va se lever", a-t-il menacé.

Après le meeting, Roland Ravatomanga s'est montré beaucoup plus mesuré en français devant la presse étrangère: "On n'a jamais demandé de manifestations dans la rue."

"Si la population veut descendre dans la rue, ce n'est pas notre devoir de l'en empêcher, c'est son droit le plus absolu, nous n'avons, personne, aucun d'entre nous n'a prononcé le mot de descente dans la rue, ne nous faites pas dire ce que nous n'avons dit", a-t-il assuré.

Richard Ravalomanana --un homonyme--, le commandant de la gendarmerie malgache, l'a mis en garde samedi soir. "N'enfreignez pas la loi. On vous prévient, n'enfreignez pas la loi. Si vous voulez inciter les gens à descendre dans la rue pour enfreindre la loi, alors, c'est vous en tant que meneur qui devriez aller devant. Ne vous cachez pas derrière la foule", a-t-il déclaré sur une télévision privée.

"Pour nous, ça suffit, les éléments des force de l'ordre blessés, ça suffit aussi les peuples manipulés, blessés et emprisonnés."

Les "fraudes massives" avancées par le camp de Robinson Jean Louis n'ont pas été constatées par les différentes missions d'observateurs étrangers, dont celle de l'Union européenne, déployées à Madagascar.

Le scrutin est censé sortir Madagascar de la grave crise politique déclenchée en 2009 par le renversement de Marc Ravalomanana par Andry Rajoelina, qui soutient aujourd'hui Hery Rajaonarimampianina.

tm/liu/Sba

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