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Les habitants de Fallouja se préparent à une intensification des combats

04/01/2014 12:24 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

Les habitants de Fallouja, tombée aux mains d'Al-Qaïda, se partagent entre ceux qui partent et ceux qui restent, mais qu'ils soient sur la route ou qu'ils se barricadent, tous redoutent les violents combats qui s'annoncent.

Dans les rues presque vides, quelques voitures passent, cherchant à échapper aux bombardements frappant les environs de la ville, à 60 kilomètres à l'ouest de Bagdad.

Salam al-Kritawi, un chauffeur de taxi de 27 ans, accompagné de sa femme et de leurs deux jeunes enfants, a chargé son véhicule de sacs et de vêtements.

"Nous allons quitter Fallouja maintenant, parce que les combats vont commencer. Et nous ne voulons pas mourir dans un affrontement entre Al-Qaïda et les forces de sécurité", explique le jeune père de famille.

A l'inverse, Sadeq Tallal Assaf, 31 ans, a décidé de rester pour protéger sa maison. Cet employé de la municipalité a envoyé père, femme et enfants chez son oncle à Bagdad, "après que des obus de mortier sont tombés sur la ville".

"Moi je vais rester à la maison pour la protéger des voleurs, parce que je suis plus capable qu'eux de gérer des situations difficiles", explique-t-il.

La ville, longtemps un bastion insurgé, a été le théâtre de deux phases majeures de combats après l'invasion américaine de 2003, d'une violence jamais vue depuis la guerre du Vietnam pour les troupes américaines.

Aujourd'hui Fallouja semble sur le point de redevenir un champ de bataille.

Comme à Ramadi, le chef-lieu de la province à 50 km plus à l'ouest, les insurgés contrôlent plusieurs quartiers depuis plusieurs jours, lorsque le démantèlement lundi d'un camp de protestataires présenté par les autorités comme un "repère d'Al-Qaïda" a mis le feu aux poudres.

Les combats ont éclaté à Ramadi, avant de se propager à Fallouja. Lorsque les forces de sécurité ont abandonné leurs postes, des membres de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, affilié à Al-Qaïda) se sont emparés de plusieurs quartiers. Vendredi, ils ont déclaré la ville "Etat islamique".

Aucun bilan global n'est disponible, mais des responsables ont fait état d'au moins 32 civils et 71 combattants d'AL-Qaïda tués vendredi et l'armée a affirmé avoir tué 55 membres de l'EIIL samedi soir.

Cinq jours après le début des combats, les déchets s'entassent dans les rues, dont certaines débordent d'étuis de balles. L'électricité est totalement coupée, et les groupes électrogènes ne fonctionnent pas en raison d'une pénurie de carburant.

La plupart des magasins sont fermés, à l'exception de quelques boulangeries devant lesquelles des dizaines de personnes font la queue.

Ahmed Moutlak, qui possède un magasin dans le centre de Fallouja, va lui aussi quitter la ville. "Je vais partir avec ma femme et mes enfants, parce que j'ai peur qu'ils meurent. Les forces de sécurité ne sont plus capables de faire la différence entre hommes armés, Al-Qaïda et civils".

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