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JO-2014 - Sotchi: Poutine autorise les manifestations dans une "zone spéciale"

04/01/2014 05:34 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

Le président russe Vladimir Poutine est revenu samedi sur l'interdiction de manifester lors des Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi mais en cantonnant les protestations dans une "zone spéciale", cédant aux pressions du Comité international olympique (CIO) à un mois des Jeux.

Vladimir Poutine a signé un décret, indiquant que des rassemblements et des marches "peuvent avoir lieu", mais que leurs localisation et parcours doivent être fixés en accord avec les autorités de la ville balnéaire de la mer Noire, ainsi qu'avec les forces de police et de sécurité régionales.

Le décret, contenant des amendements à un précédent texte et publié sur le site web du Kremlin, permet également aux responsables de limiter le nombre de participants à des manifestations pendant les Jeux qui se dérouleront du 7 au 23 février.

Le porte-parole du président Dmitri Peskov a précisé à l'agence Ria Novosti que M. Poutine avait ordonné aux organisateurs et responsables régionaux de désigner une zone spéciale dans la ville où les manifestants pourraient "librement" se rassembler et "protester, s'ils le veulent".

Gérer efficacement des actions de protestation

Les puissants services secrets russes (FSB), qui ont rédigé les amendements, ont souligné l'avoir fait de sorte qu'ils soient conformes à la Charte olympique, tout en permettant aux autorités de "gérer efficacement des actions de protestation potentielles".

Dans le précédent décret signé en août, M. Poutine, qui se trouve actuellement à Sotchi où il inspecte les sites olympiques, avait pourtant interdit tout rassemblement, réunion ou manifestation non lié au déroulement des JO.

La mesure draconienne devait prendre effet le 7 janvier et durer jusqu'au 21 mars, après la fin des Jeux Paralympiques (7 au 16 mars), également organisés à Sotchi.

Le président du CIO, Thomas Bach, avait annoncé en décembre avoir obtenu des autorités russes qu'une zone spéciale réservée aux manifestants soit établie à Sotchi durant les Jeux.

Réagissant, le CIO a salué samedi la signature des amendements au décret.

"Nous saluons cette annonce. Cela est en conformité avec les assurances que le président Poutine nous avait données l'an dernier et avec les projets des autorités russes pour assurer la liberté d'expression, en même temps que la sécurité des Jeux", a déclaré le comité olympique dans un communiqué.

Les autorités d'autres villes russes, dont Moscou, obligent régulièrement les organisateurs de manifestations politiques à déplacer ces événements en dehors des zones centrales et à limiter le nombre de participants.

La limitation des manifestations à un seul endroit spécifique va cependant au-delà des restrictions habituelles.

Le président américain Barack Obama et les dirigeants européens, y compris le Premier ministre britannique David Cameron, ont annoncé qu'ils n'assisteront pas à la cérémonie d'ouverture, sur fond de controverse autour de l'adoption, récemment, d'une loi interdisant la "propagande homosexuelle" en Russie.

Le pays a décidé de mettre en place des mesures de sécurité extrêmement strictes pendant les JO, y compris la surveillance par des drones, la limitation de l'accès à la ville et la surveillance des conversations téléphoniques des athlètes et journalistes accrédités.

Cela intervient alors que les craintes de voir des militants islamistes lancer des attaques pendant les Jeux ont été renforcées par deux attentats suicide fin décembre à Volgograd (sud-ouest), à 700 kilomètres de Sotchi, attribués à des kamikazes.

Samedi, le président Poutine, qui avait descendu quelques pistes la veille avec le Premier ministre Dmitri Medvedev près de la station de sports d'hiver Krasnaïa Poliana, a assisté à Sotchi à une répétition de la cérémonie d'ouverture des JO, dont les détails sont strictement gardés secrets.

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