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Irak: plus d'un an de violences sanglantes et de contestation

04/01/2014 09:34 EST | Actualisé 07/06/2014 12:30 EDT

L'Irak, où des jihadistes ont lancé des attaques coordonnées, est endeuillé depuis plus d'un an par des violences, surtout des attaques de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Au total, plus de 4.300 personnes sont mortes dans des attaques depuis le début de l'année, dont plus de 900 durant le seul mois de mai.

--2012--

- 23 déc: Début d'importantes manifestations dans plusieurs provinces, en particulier le bastion sunnite d'Al-Anbar (ouest), pour réclamer le départ du Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite accusé d'accaparer le pouvoir et de marginaliser les sunnites.

Des manifestants réclament la libération de prisonniers et une réforme des lois anti-terroristes. Le mouvement fait suite à l'arrestation pour "terrorisme" de gardes d'un influent homme politique sunnite.

--2013--

- 23 avr: Début d'une nouvelle vague de violences qui fait plus de 240 morts en une semaine (sources médicales et de sécurité). Les troubles ont été déclenchés par un assaut des forces de sécurité contre un campement de manifestants sunnites près de Houweijah (nord).

- 17 mai: Au moins 67 morts dans des attaques visant des sunnites, au lendemain de deux journées particulièrement meurtrières pour les chiites (des dizaines de tués).

- 22 juil: L'EIIL attaque deux des principales prisons du pays (une cinquantaine de morts), libérant des centaines de prisonniers.

- 10 août: 74 morts dans une vague d'attentats coordonnés, revendiquée par l'EIIL. Les violences ensanglantent l'Irak quotidiennement et les attentats visent souvent des lieux fréquentés, comme des marchés, des cafés et des mosquées.

Selon l'ONG Iraq Body Count, l'année 2013 a été la plus meurtrière depuis cinq ans (9.475 civils tués). La flambée de violences a été alimentée par le mécontentement de la minorité sunnite et le conflit en Syrie voisine.

--2014--

- 2-4 jan: Des jihadistes de l'EIIL et des membres de tribus hostiles au gouvernement prennent le contrôle de Fallouja et plusieurs quartiers de la ville voisine de Ramadi (Al-Anbar), après le démantèlement fin décembre d'un camp de protestataires anti-gouvernementaux.

L'armée n'a toujours pas réussi à déloger les insurgés de Fallouja, en dépit de bombardements quasi quotidiens. Quelque 350 personnes, majoritairement des civils, ont été depuis tuées dans la région de Fallouja (médecin), et près de 480.000 Irakiens ont fui les combats dans la province d'Al-Anbar, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

- 30 avr: Premières élections législatives depuis le retrait des troupes américaines fin 2011. Elles ont été précédées de deux jours de violences (90 morts).

Les responsables politiques cherchent depuis à constituer des alliances en vue de la formation d'un gouvernement, que Nouri al-Maliki entend continuer à diriger, même si le scrutin ne lui a pas donné de majorité claire.

- 28 mai: Les attaques à travers le pays font 74 morts, jour le plus sanglant depuis plus de sept mois.

- 5 juin: Des insurgés lancent un assaut sur Samarra, à 110 km au nord de Bagdad, et prennent le contrôle de plusieurs quartiers avant d'en être chassés par l'armée au prix de violents combats (des dizaines de morts).

- 6-7 juin: De violents combats opposent la police et des jihadistes de l'EIIL à Mossoul (nord), faisant une centaine de morts.

- 7 juin: Des jihadistes de l'EIIL s'emparent de l'université de Ramadi et prennent en otages des étudiants et des membres du personnel libérés quelques heures plus tard à la faveur d'un assaut des forces spéciales.

acm/faa

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