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Des actes de violence et un boycott marquent les élections au Bangladesh

04/01/2014 09:12 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

DACCA, Bangladesh - Des policiers du Bangladesh ont tué trois manifestants après que de présumés militants de l'opposition eurent mortellement poignardé un membre du personnel électoral et mis le feu à une centaine de bureaux de scrutin dans divers secteurs du pays dans une tentative de perturber les élections générales qui se tiennent, dimanche, au coeur d'affrontements sanglants dans les rues et de vendettas politiques.

L'opposition et ses alliés ont amorcé un boycott du scrutin, un geste qui mine la légitimité de ces élections et qui rend improbable la possibilité que le vote vienne endiguer une vague de violence politique qui a fait au moins 275 morts en 2013.

Selon ce qu'ont déclaré les autorités policières, dimanche, des présumés militants de l'opposition ont mortellement poignardé un membre du personnel de scrutin dans le nord du district de Thakurgaon.

Un média local a rapporté que des assaillants avaient incendié plus de 127 écoles à travers le pays lors d'attaques commises durant la nuit. Les édifices visés devaient abriter des bureaux de scrutin.

Le vote a commencé à 8 h, heure locale, mais des images captées par des stations de télévision locale montraient des bureaux de scrutin majoritairement déserts, toujours enveloppés par un brouillard matinal.

La majorité de Dacca, la capitale, a été coupée du reste du pays au cours des dernières semaines, alors que l'opposition a accru ses demandes par l'entremise de grèves générales et de blocus routiers. Des civils ont été coincés dans le carnage, alors que des militants ont incendié des véhicules appartenant à des citoyens qui avaient défié les grèves, menant à une sensation accrue de désespoir face à l'impasse politique qui prévaut.

«Je veux aller voter, mais j'ai peur de la violence, a reconnu Hazera Begum, qui enseigne à Dacca. Si la situation est normale que mes voisins y vont, j'irai peut-être.»

Selon des analystes, le chaos pourrait accroître les ennuis économiques dans ce pays déjà très pauvre comptant 160 millions d'habitants, et mener à une radicalisation d'un secteur stratégique de l'Asie du Sud.

L'opposition demande à la première ministre Sheikh Hasina de quitter son poste et de désigner une administration intérimaire neutre pour superviser le déroulement du scrutin. Mme Hasina a refusé, ce qui signifie que les élections mettront aux prises des candidats de la Ligue Awami, au pouvoir, et ses alliés. Les candidats de la Ligue Awami n'ont aucune opposition dans plus de la moitié des 300 circonscriptions parlementaires.

Le Bangladesh possède un sombre passé de violence politique, incluant les assassinats de deux présidents et 19 coups d'État avortés depuis qu'il a acquis son indépendance du Pakistan, en 1971.

«J'ai peur que la violence meurtrière revienne, que la population continue de souffrir, que des forces politiques aux vues extrêmes émergent en réaction aux mesures de répression du gouvernement, affirme Asif Nazrul, un professeur de droit et analyste.

«Ces élections ne viendront que polluer notre très nouvelle démocratie en réduisant l'espace pour les opinions contraires.»

La dispute entre Mme Hasina et la leader de l'opposition, Khaleda Zia, est devenu une sorte de cirque alors que les deux femmes, qui dominent la scène politique du Bangladesh depuis deux décennies, visent à diriger le pays. Et elle a semé le tumulte en octobre après que les deux femmes se sont parlé pour la première fois en plusieurs années lors d'une conversation téléphonique acrimonieuse.

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