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Dans la neige, un nouveau maire de New York au style très différent

04/01/2014 12:45 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

Les pieds dans la neige et une pelle à la main dans la tempête, le nouveau maire de New York Bill de Blasio a immédiatement imposé un style très différent à la tête de la plus grande ville américaine.

La tempête de neige et la vague de froid qui ont frappé New York jeudi et vendredi étaient le premier défi de ce démocrate résolument à gauche, entré en fonctions mercredi, qui a promis de faire de New York une ville "plus juste et plus progressiste".

Visite à un garage municipal de Brooklyn à dix heures du soir, téléconférence à 4H00 du matin pour décider de la fermeture des écoles, nettoyage de son trottoir de Brooklyn, visite à des employés de la voirie dans le Queens, conférences de presse: Bill de Blasio, 52 ans, a été sur tous les fronts. Et, pour mieux marquer la rupture, a soigné la mise en scène.

Jeudi vers 22H00, il poste sur Twitter une photo de lui en costume, visitant un garage municipal à Brooklyn.

Contraste saisissant avec son austère prédécesseur Michael Bloomberg, 71 ans, qui vivait dans un hôtel particulier de 1.100 m2 près de Central Park, le nouveau maire déneige à la pelle, tôt vendredi, les abords de sa petite maison de Park Slope à Brooklyn, en jean et blouson noir.

Géant affable d'1m95, il montre à des journalistes de télévision comment déneiger en pliant les genoux, pour ne pas faire souffrir le dos. "Portez avec les genoux, pas avec le dos", explique-t-il.

Son fils Dante, 16 ans, finira l'allée, photo postée sur Twitter par sa mère Chirlane McCray. Bill de Blasio lui accorde alors "un A pour l'effort, un D pour la ponctualité".

Un peu plus tard, conférence de presse depuis l'atelier de réparation des véhicules de la voirie dans le Queens, cette fois en jean et blouson coupe-vent bleu vif sur une chemise. M. de Blasio félicite chaleureusement les équipes qui ont travaillé toute la nuit pour dégager les rues, entouré de l'adjoint à la voirie John Doherty, auquel il met régulièrement la main sur l'épaule en signe d'appréciation.

Il invite à ne pas oublier les personnes âgées, les SDF, insiste sur les dangers du froid (-18°C vendredi soir), demande aux New-Yorkais qui le peuvent de rester chez eux.

Quasi inconnu il y a six mois

Fin décembre 2010, Michael Bloomberg avait été vivement critiqué pour la lenteur des opérations de dégagement, notamment dans le Queens et à Brooklyn, après un blizzard qui avait accumulé 50 cm de neige à New York, trois fois plus que vendredi. M. de Blasio avait été à l'époque l'un de ses critiques.

Autant M. Bloomberg comptait chaque minute, obsédé par l'efficacité, au risque de paraître hautain, autant Bill de Blasio prend le temps de discuter et plaisanter. Il était entouré de ses principaux adjoints lors de ses premières conférences de presse, leur laissant la parole, puis la reprenant, tour à tour grave et décontracté.

Alors qu'un journaliste lui demandait vendredi combien de couches de vêtements il portait, il a ouvert la fermeture éclair de son coupe-vent, pris la pose et éclaté de rire. "Voulez-vous que j'aille plus loin?" a-t-il demandé.

Après 12 ans de Bloomberg, il avait été élu en novembre dernier par plus de 73% des votants, en promettant de réduire les inégalités vertigineuses à New York, de faire construire plus de logements sociaux, et de taxer davantage les New-Yorkais les plus riches pour financer l'école maternelle à partir de 4 ans.

Quasi inconnu il y a six mois, il suscite de grands espoirs au sein de la gauche américaine vu l'importance de New York. Ses critiques soulignent son expérience limitée, ancien médiateur élu de New York et ancien conseiller municipal de Brooklyn.

Lors de son discours d'investiture mercredi, Bill de Blasio a promis d'aller rapidement de l'avant. "Notre marche vers une place plus juste, plus progressiste commence aujourd'hui. Les grands rêves ne sont pas un luxe réservé à quelques privilégiés", a-t-il dit.

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