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L'ex-chef des services secrets rwandais assassiné avait renoncé à sa protection rapprochée (proche)

03/01/2014 08:34 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

L'ancien chef du renseignement rwandais et opposant au président Paul Kagame retrouvé mort, apparemment étranglé, le 1er janvier dans une chambre d'hôtel de Johannesburg avait renoncé à sa protection rapprochée en Afrique du Sud, selon le chef de son parti.

Le meurtre de Patrick Karegeya, 53 ans, a immédiatement fait réagir les opposants à M. Kagame, qui l'ont accusé de l'avoir commandité.

Après une décennie passée à la tête des renseignement extérieurs du Rwanda, M. Karegeya, un proche de Paul Kagame, s'était brouillé avec lui. Il s'était exilé en 2007 en Afrique du Sud, où il a décrit M. Kagame comme un dictateur n'hésitant pas à faire assassiner des dissidents rwandais à l'étranger.

"Quand Karegeya est arrivé dans ce pays, (...) le gouvernement sud-africain l'a mis sous protection de l'État", d'autres opposants rwandais ayant été victimes de tentatives d'assassinat, a raconté à l'AFP son allié Frank Ntwali jeudi soir.

Puis en 2012, Patrick Karegeya et le gouvernement sud-africain ont convenu de mettre fin à cette protection rapprochée, a ajouté M. Ntwali, qui dirige le Congrès national du Rwanda (RNC), le parti auquel appartenait Karegeya.

"Ils ont convenu qu'ils lui permettraient de se déplacer sans gardes du corps ou sans protection, ce qui s'est avéré être un mauvais calcul", a noté M. Ntwali, lui-même victime d'une agression à Johannesburg en 2012. "Il était tout seul."

Patrick Karegeya s'était, selon lui d'abord inquiété, mais s'était finalement senti en sécurité en Afrique du Sud: "Il savait que sa vie était certainement en danger. (...) C'est pourquoi il a fui le Rwanda, mais je pense qu'il était arrivé à un niveau où il pensait que là (en Afrique du Sud), il serait en mesure de leur échapper."

Patrick Karegeya devait rencontrer un Rwandais dans le luxueux hôtel Michelangelo Towers de Johannesburg, où il a été retrouvé mort mercredi, probablement étranglé.

"Cette personne (...) prétendait avoir également fui le régime du Rwanda. Elle prétendait avoir été harcelée, arrêtée et que ses biens avaient été expropriés", a relevé Frank Ntwali.

La police sud-africaine, qui a ouvert une enquête pour meurtre, n'a voulu répondre à aucune question au sujet de cet individu.

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