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L'Espagne restera ferme envers les détenus de l'ETA (ministre)

03/01/2014 09:02 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

L'Espagne restera ferme dans sa politique pénitentiaire envers les détenus de l'ETA, a affirmé vendredi le ministre de l'Intérieur Jorge Fernandez Diaz, répondant à une récente déclaration de ces prisonniers qui ont assoupli leur position et renoncé à la violence.

Le collectif des prisonniers EPPK, représentant les militants du groupe armé basque dispersés dans les prisons espagnoles et françaises, a pour la première fois évoqué, le 28 décembre, de possibles démarches individuelles en vue d'une libération, abandonnant ainsi la demande d'une amnistie collective.

Le rapprochement du Pays Basque reste en revanche au coeur des revendications des prisonniers, alors que Madrid a toujours maintenu une politique très ferme de dispersion des détenus.

"Cette déclaration n'a aucune valeur en ce qui concerne la politique anti-terroriste du gouvernement en général, ni la politique pénitentiaire en particulier, ni plus concrètement la politique de dispersion", a déclaré M. Fernandez Diaz devant la presse.

"Nous pourrions accepter que notre retour à la maison - notre libération et en priorité notre transfert vers le Pays Basque - se fasse par les voies légales, même si cela signifiait implicitement que nous acceptions notre sentence", affirmait le collectif des prisonniers dans un communiqué.

L'EPPK se disait également prêt à "étudier la possibilité d'un processus permettant un retour à la maison en différentes étapes, par des engagements individuels".

Jusqu'à présent, les détenus du groupe indépendantiste refusaient de se plier au système des bénéfices pénitentiaires, considérant leur détention comme illégale.

Les prisonniers, dans ce communiqué, ajoutent "reconnaître les souffrances et les dommages causés par le conflit" et entérinent l'abandon de la lutte armée annoncée le 20 octobre 2011 par l'ETA: "A l'avenir, en vue de la liberté d'Euskal Herria (le Pays Basque), nous utiliserons des voies et des méthodes politiques et démocratiques, en accord avec les décisions qui ont été prises en ce sens", écrivent-ils.

Le gouvernement de droite espagnol ne cesse de réclamer la "dissolution" sans conditions du groupe basque, malgré l'abandon de la violence.

sg/elc/mr

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