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Discussions préliminaires sur fond de combats au Soudan du Sud

03/01/2014 06:00 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

Les factions en lutte au Soudan du Sud ont amorcé des négociations sur un cessez-le-feu qui doivent se transformer samedi en pourparlers directs, ont annoncé les médiateurs au conflit.

« Nous avons achevé la première série de discussions par émissaires interposés avec les deux équipes de négociateurs du Soudan du Sud », soit celle du président Salva Kiir et celle des rebelles dirigés par son ex-vice-président Riek Machar, a précisé le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Tedros Adhanom, à Addis Abeba, où se déroulent les discussions.

Les négociateurs doivent examiner la mise en place d'un cessez-le-feu, puis trouver une solution aux différends politiques qui sont à l'origine des confrontations.

« Nous participons aux discussions parce que nous voulons la paix pour notre peuple, même si les groupes rebelles n'ont pas accepté une cessation des hostilités », a indiqué le gouvernement jeudi soir.

Ces négociations se déroulent sous l'égide de l'IGAD, l'Autorité intergouvernementale pour le développement en Afrique de l'Est, qui avait sommé les deux parties de se rendre dans la capitale éthiopienne au plus tard le 31 décembre.

Entre-temps, sur le terrain, les affrontements se poursuivent. Signe de la détérioration de la situation, les États-Unis ont appelé tous leurs ressortissants à quitter le Soudan du Sud. L'ambassade américaine a précisé qu'un vol d'évacuation vers un pays voisin avait été organisé et que les services consulaires seraient fermés à partir de samedi.

« Le département d'État a ordonné une nouvelle réduction du personnel de l'ambassade des États-Unis à Juba à cause de la détérioration de la sécurité », indique le communiqué.

Situation humanitaire critique

Le gouvernement du Soudan du Sud a décrété l'état d'urgence dans les États d'Unité et de Jonglei, dont les rebelles contrôlent les capitales.

Bor, capitale du Jonglei, est fortement touchée par les combats, qui auraient déjà fait au moins un millier de morts et causé le déplacement de 200 000 personnes.

Le responsable humanitaire de l'ONU au Soudan du Sud, Toby Lanzer, a demandé aux forces gouvernementales et aux rebelles d'épargner les civils et de permettre aux agences d'aide humanitaire de leur prêter secours.

« Toutes les parties au conflit ont la responsabilité de faire en sorte que les civils soient épargnés par les combats », a-t-il écrit dans un communiqué, appelant les belligérants « à faciliter l'aide des agences aux civils et à protéger et respecter les activités humanitaires ».

Selon ces agences, plus de 60 000 personnes se sont enfuies de Bor pour échapper aux attaques des rebelles, également connus sous le nom d'Armée blanche.

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