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Une puissante explosion frappe le sud de Beyrouth: au moins cinq morts

02/01/2014 10:03 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

BEYROUTH - Une puissante explosion a ébranlé un bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de la capitale libanaise, jeudi, faisant au moins cinq morts, incendiant des véhicules et projetant une immense colonne de fumée noire dans le ciel de Beyrouth.

L'origine de l'explosion, survenue durant l'heure de pointe du soir dans le quartier Haret Hreik, n'était pas claire dans l'immédiat, mais un responsable de la sécurité a affirmé qu'elle semblait avoir été causée par un véhicule piégé.

Si la thèse de l'attaque à la voiture piégée se confirme, il s'agira du plus récent attentat à frapper le Liban depuis quelque mois, alors que la guerre civile en Syrie voisine déborde de plus en plus sur son territoire. Les attaques ont visé autant les quartiers sunnites que chiites, aggravant davantage les tensions interreligieuses déjà très fortes depuis le début de la guerre en Syrie.

Le ministère libanais de la Santé a annoncé qu'au moins cinq personnes avaient été tuées et 20 autres blessées dans l'explosion, qui a laissé des débris de voitures dans la rue et fait éclater les vitrines des magasins du quartier.

Des images diffusées par la chaîne du Hezbollah, Al-Manar TV, montraient de la fumée s'élever du lieu de l'explosion et des pompiers tentant d'éteindre des véhicules en flammes.

On pouvait aussi voir au moins un édifice dont la façade était complètement arrachée, et plusieurs bâtiments environnants étaient aussi endommagés.

Al-Manar a affirmé que l'explosion s'était produite «à quelques centaines de mètres du bureau politique du Hezbollah». La chaîne a toutefois assurée que le bureau n'était pas visé par l'attentat.

Des agents de sécurité du Hezbollah et des soldats libanais tentaient de boucler le secteur touché par l'explosion pour limiter l'afflux de citoyens en colère.

«Soudainement, tout le secteur est devenu brillant et nous avons commencé à courir», a raconté Ali Oleik, un comptable qui travaille dans un édifice à proximité du lieu de l'explosion. «J'ai vu deux corps dans la rue, celui d'une femme et celui d'un homme sur une motocyclette qui était complètement déformée.»

À un certain moment, les autorités ont déployé des chiens renifleurs de bombes et ont annoncé qu'il pourrait y avoir d'autres explosifs, semant la panique parmi la foule rassemblée à proximité.

Cette nouvelle explosion survient une semaine après un attentat à la voiture piégée dans le centre de Beyrouth, qui a tué un politicien sunnite bien connu opposé au régime du président syrien Bachar el-Assad et à ses alliés du Hezbollah.

Les bastions du Hezbollah dans les banlieues du sud de Beyrouth, autrefois considérés comme impénétrables, ont aussi été frappés à plusieurs reprises au cours des derniers mois.

Le quartier Haret Hreik, où s'est produite l'explosion de jeudi, est proche du district de Beir al-Abed, où un puissant attentat à la voiture piégée a tué près de 20 personnes au mois d'août.

Les attaques font craindre que le Liban déjà divisé ne plonge davantage dans le conflit syrien, qui prend de plus en plus une tournure religieuse opposant les sunnites aux chiites. Les rebelles sunnites syriens et les groupes islamistes qui combattent le président Bachar el-Assad ont menacé de viser des bastions de Hezbollah en représailles à l'appui du groupe chiite au régime syrien.

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