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Brûlée à l'acide, la Québécoise Tanya St-Arnauld se remet de ses blessures

02/01/2014 05:24 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST
Radio-Canada.ca

L'image que Tanya St-Arnauld voit dans le miroir, aujourd'hui, ressemble bien peu à ce qu'elle y voyait il y a un an.

Son visage gravement brûlé était traversé de cicatrices, et sa tête était couverte de plaies, alors que s'amorçait l'année 2013. Des marques de brûlures parsemaient le haut de son corps, des bras jusqu'à la taille, et les greffes de peau qu'elle a subies n'ont pas complètement contribué à réparer les dégâts.

Les blessures de la jeune femme de Longueuil ont été causées lors de ce que la police décrit comme une agression à l'acide de son ex-copain à l'été 2012.

Au cours de la dernière année, Mme St-Arnauld, âgée de 30 ans, croyait qu'elle devait se préparer à de nouveaux traitements contre les brûlures et à des séances de réhabilitation, qui définissent toute son existence depuis l'agression présumée.

Un passage à l'émission de télévision américaine d'Anderson Cooper, en février, a cependant provoqué des changements qui ont permis à Mme St-Arnauld d'avoir aujourd'hui une apparence profondément différente, en plus de pouvoir prendre un nouveau départ personnel.

«On dirait que je n'ai jamais eu d'accident. Si je mets un col roulé, j'ai l'air parfaitement normale», dit Mme St-Arnauld dans une entrevue téléphonique. «Vous ne seriez jamais en mesure de dire que j'ai été brûlée.»

La transformation a débuté lorsqu'elle a été invitée à participer à l'émission «Anderson Live». Son histoire faisait les manchettes depuis des mois avant ses débuts au petit écran, mais la jeune femme était encore trop gravement blessée pour se rendre à New York.

Les recherchistes de M. Cooper ont utilisé ce temps supplémentaire pour contacter des médecins afin qu'ils apparaissent aux côtés de Mme St-Arnauld lorsqu'elle serait suffisamment en forme pour se venir en studio.

L'un de ces spécialistes était la Dre Jill Waibel, du Miami Dermatology and Laser Institute, en Floride. Lorsque Mmes Waibel et St-Arnauld se sont finalement rencontrées devant les caméras, la médecin n'a pas perdu de temps à offrir un traitement au laser gratuit à la victime de brûlures, pour accélérer son retour à une vie en santé.

Mme St-Arnauld se rappelle avoir fondu en larmes à l'annonce de cette nouvelle, affirmant que le traitement offert était beaucoup plus sophistiqué que les soins qu'elle recevait au Québec.

La douleur était déjà suffisamment difficile à gérer pour quelqu'un qui n'avait même jamais eu de coup de soleil avant l'agression. Mais plus dur encore était la perte de sa capacité de bouger une bonne partie de son corps.

«Vous ne réalisez pas à quel point il peut être important d'étirer les bras au maximum, parce que nous tenons pour acquis que nous pouvons tendre le bras et saisir un objet, ou en placer un autre sur une étagère. Mais lorsque c'est devenu impossible, la beauté est reléguée en arrière-plan par rapport à ce qui est vraiment important.»

Retrouver cette capacité de se mouvoir est devenu la grande priorité de Mme St-Arnauld, dit-elle, avant d'indiquer que les traitements proposés par la Dre Waibel pouvaient accélérer son rétablissement de plusieurs mois, voire plusieurs années.

Elle a donc débuté, en juin dernier, la première d'une longue série de traitements à la clinique en Floride.

Elle explique que les médecins utilisent des lasers pour infliger des brûlures légères sur ses blessures afin de stimuler la croissance de cellules de la peau. Ils se servent ensuite des lasers pour altérer l'épaisseur des tissus cicatriciels, modifier la pigmentation de la peau et rebâtir son élasticité.

Mme St-Arnauld précise que les quatre traitements reçus jusqu'à maintenant sont loin d'être plaisants sur le coup, mais valent amplement un certain inconfort à court terme.

Aujourd'hui, la peau de son dos est «comme neuve», et ses blessures au visage ont quasiment disparu.

Mais l'année qui s'annonce ne sera pas sans défis. La jeune femme prévoit continuer de suivre des traitements au laser pour s'attaquer aux dommages importants toujours présents dans son cou, sur ses bras et son torse. Elle désire également reprendre sa carrière de coiffeuse, qui a été interrompue en raison de ses blessures.

Plus exigeant encore, elle devra affronter son agresseur présumé lors du procès prévu pour le mois d'août.

Malgré tout, elle se dit prête à affronter les défis à venir pour une seule raison: «Je suis de nouveau moi-même».