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Soudan du Sud: les rebelles auraient l'intention d'attaquer la capitale

02/01/2014 09:21 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

ADDIS ABEBA, Éthiopie - Les rebelles du Soudan du Sud recrutent de force des civils pour marcher vers la capitale nationale, a déclaré l'armée jeudi, alors que des délégations représentant les factions en conflit étaient réunies en Éthiopie pour entamer des négociations de paix.

La poursuite des violences souligne le défi auquel les médiateurs africains font face en tentant de réunir à la même table les représentants des deux rivaux, le président Salva Kiir et l'ancien vice-président Riek Machar, après deux semaines d'affrontements sanglants dans le plus jeune pays du monde.

Le Soudan du Sud est déchiré par des tensions ethniques et des luttes internes au sein du parti au pouvoir, qui se sont aggravées après que M. Kiir eut délogé M. Machar de son poste en juillet. Les rebelles appuient M. Machar, qui est maintenant un fugitif recherché par l'armée.

Les rebelles contrôlent présentement Bor, capitale de l'État pétrolier stratégique de Jonglei, où se déroulent certains des combats les plus violents. Un porte-parole de l'armée, le colonel Philip Aguer, a indiqué jeudi que le gouvernement central avait envoyé des renforts dans la région.

Il a affirmé que les rebelles forçaient des civils à s'armer en vue de leur prochain objectif: la prise de la capitale.

«Djouba, c'est leur intention», a-t-il dit. «Ils tentent de marcher vers Djouba. (L'armée sud-soudanaise) les renverra d'où ils viennent.»

Il n'a pas été possible de vérifier les allégations de M. Aguer de source indépendante.

La poursuite des combats jette une ombre sur les négociations qui doivent se dérouler en Éthiopie, un pays qui joue un rôle de premier plan pour tenter de convaincre les deux parties de négocier un accord de paix.

À Addis Abeba, la capitale éthiopienne, les médiateurs africains ont rencontré des représentants des deux camps séparément jeudi, en prévision du début des discussions formelles plus tard cette semaine. Un représentant de M. Machar a estimé que les pourparlers devraient commencer samedi.

Les Nations unies et l'Union africaine appuient les efforts régionaux en vue de conclure la paix au Soudan du Sud.

Mercredi, le président Salva Kiir a décrété l'état d'urgence dans les États d'Unité et de Jonglei, dont les capitales régionales sont contrôlées par des rebelles fidèles à Riek Machar.

Les violences ont exposé les rivalités entre les deux principaux groupes ethniques du pays, les Dinka, dont est issu M. Kiir, et les Nuer, l'ethnie de M. Machar. Selon l'ONU, il y a de plus en plus de preuves montrant que des personnes ont été visées simplement pour leur appartenance ethnique.

Plus de 1000 personnes ont été tuées et 200 000 autres ont été déplacées par les violences au Soudan du Sud depuis la mi-décembre.

M. Kiir affirme que les combats ont été provoqués par un coup d'État raté fomenté par des soldats loyaux à M. Machar à Djouba le 15 décembre.

Mais cette version est contestée par certains responsables du parti au pouvoir, qui affirment que les violences ont commencé quand des membres de la garde présidentielle ont tenté de désarmer leurs collègues de l'ethnie nuer. À partir de ce moment, les violences se sont propagées dans tout le pays, les soldats fidèles à M. Machar faisant défection et prenant le contrôle de territoires auparavant tenus par les forces loyalistes.

M. Machar estime que M. Kiir est un dictateur et affirme qu'il se portera candidat à la présidentielle de 2015.

Le Soudan du Sud s'est pacifiquement séparé du Soudan en 2011, après un accord de paix conclu en 2005 au terme de plusieurs décennies de guerre.

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