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RDC: représailles de militaires contre des civils après l'agression d'un des leurs à Kinsangani (FIDH)

02/01/2014 05:45 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Des militaires de la garde républicaine, chargés de la protection du président congolais Joseph Kabila, ont mené mercredi des représailles contre des civils à Kisangani (nord-est) après l'agression d'un des leurs, a-t-on appris jeudi auprès de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

"Un élément de la garde républicaine a été surpris par la population du quartier Mangobo, l'un des plus vastes de Kisangani, en train de piller. Des jeunes l'ont attrapé, passé à tabac et il est tombé dans le coma", a expliqué à l'AFP Dismas Kitenge, vice-président de la FIDH, basé à Kisangani.

"Pensant qu'il était mort, des éléments de la garde républicaine postés à l'aéroport militaire Sumi-Sumi, juste derrière le quartier Mangobo, ont bouclé plusieurs accès du quartier vers 04h00 ou 05h00 et ont commencé des actes de représailles contre les hommes et les garçons: certains ont été passés à tabac, d'autres arrêtés", a-t-il raconté.

Selon lui, une bonne partie des jeunes du quartier ont fui le quartier pour ne pas être arrêtés: ils se sont réfugiés dans d'autres communes, en brousse et quelques personnes se sont noyées en voulant traverser la rivière Tshopo, qui coupe Mangobo en deux.

Le garde républicain, le premier sergent David Tshibangu Kapuya, est sorti du coma vers 08h00 (06h00 GMT) et a été hospitalisé. Il souffre d'un grave traumatisme crânien.

Les autorités militaires ont été instruits de demander aux gardes républicains de regagner leur caserne. Dans la matinée, le calme est revenu à Mangobo. "Mais il existe encore une psychose parmi la population, surtout chez les garçons", et Kisangani - troisième ville du pays, qui compte près d'un million d'habitants - "est presque morte", a souligné M. Kitenge en fin de matinée.

Il a expliqué que "certaines personnes" arrêtées avaient été libérées, que des efforts étaient en cours pour libérer les autres et qu'une enquête des défenseurs des droits de l'Homme déterminerait les éventuels "cas de violations des droits humains et autres débordements".

L'armée congolaise, en pleine réforme, souffre de problèmes de ravitaillement et de faibles salaires, qui poussent des militaires au racket, à l'extorsion et au pillage pour survivre, selon plusieurs ONG.

hab/jmc

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