NOUVELLES

Proche-Orient: John Kerry soutient que la paix est toujours possible

02/01/2014 07:06 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

JÉRUSALEM - Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s'en est pris à son partenaire palestinien dans les négociations de paix, jeudi, l'accusant de traiter des terroristes «en héros», de durs mots qui ont assombri le début de la dixième visite dans la région du secrétaire d'État américain John Kerry, dans le but de négocier un accord de paix qu'il estime ne «pas être impossible».

M. Kerry est arrivé en Israël pour encadrer des négociations qui entrent dans une phase difficile visant à créer un État palestinien aux côtés d'Israël. Il a pris le repas avec M. Nétanyahou et doit se rendre en Cisjordanie, vendredi, pour discuter avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Le secrétaire d'État demande aux deux leaders de faire des choix politiques délicats dans l'espoir d'amenuiser les différences sur un plan-cadre qui détaillera un accord de paix final.

M. Nétanyahou a quant à lui parlé de l'accueil réservé aux Palestiniens libérés de prison plus tôt cette semaine comme d'un événement ayant poussé davantage d'Israéliens à se demander si les Palestiniens désiraient vraiment parvenir à la fin de ce conflit vieux de plusieurs décennies.

Mardi, l'État hébreu a libéré une vingtaine de Palestiniens reconnus coupables d'attaques meurtrières contre Israël. Le premier ministre a été sous pression de la part de tenants de la ligne dure pour avoir accepté de libérer un total de 104 prisonniers palestiniens dans le cadre d'une démarche encadrée par Washington pour relancer les négociations de paix.

Tout comme lors de précédentes libérations, les prisonniers palestiniens ont été accueillis en héros lors de leur retour en Cisjordanie et à Gaza, alors que responsables et proches en liesse sont descendus dans les rues pour les rencontrer. Dans son quartier général de Ramallah, M. Abbas s'est engagé à ne signer aucun accord de paix avant que tous les prisonniers aient été libérés.

S'il leur a réservé un accueil chaleureux, M. Abbas, un critique de longue date de la violence qui s'est engagé à obtenir une solution à deux États, n'a pas soutenu les gestes posés par les prisonniers. M. Nétanyahou a toutefois accusé son vis-à-vis d'accueillir des terroristes «en héros».

«Nous, les Palestiniens, sommes sous occupation israélienne. Israël prend nos terres et les donne à des colons juifs. Voilà la seule raison pour laquelle nous ne sommes pas en paix... Nétanyahou tente de faire diversion en donnant une fausse raison», a déclaré Wasil Abu Yousif, un responsable palestinien, en réaction aux propos du premier ministre.

En prévision de l'arrivée de M. Kerry, Israël a indiqué qu'il annoncerait officiellement la construction de 1400 nouveaux logements — une tentative apparente de calmer la colère par rapport à la libération des prisonniers. L'État hébreu a cependant reculé cette semaine. Les médias israéliens ont précisé que les travaux seraient approuvés après le départ du secrétaire d'État.

PLUS:pc