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Le chef de la diplomatie iranienne samedi en Turquie, en plein scandale politico-financier

02/01/2014 09:21 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif est attendu samedi en visite officielle en Turquie, en pleine tempête politique provoquée par une enquête anticorruption qui s'intéresse notamment à des ventes illégales d'or à Téhéran, a-t-on appris jeudi de source officielle turque.

Les autorités iraniennes ont arrêté lundi sur des soupçons de corruption un influent homme d'affaires considéré comme un acteur clé des efforts de contournement des sanctions économiques imposées à l'Iran pour son programme nucléaire controversé.

Selon des médias iraniens et turcs, Babak Zanjani est également impliqué dans des ventes d'or par la Turquie à l'Iran, un des volets de l'affaire qui éclabousse depuis deux semaines le Premier ministre Recep Tayyip Ergodan.

Une vingtaine de personnalités proches du pouvoir turc ont été inculpées et incarcérées il y a dix jours dans le cadre de ce volet de l'affaire, parmi lesquelles les fils des deux ministres de l'Intérieur et de l'Economie, depuis contraints à la démission, l'homme d'affaires azéri Rezza Zarrab et le PDG de la banque publique turque Halk Bankasi, Suleyman Aslan.

Lors d'une perquisition, la police turque a découvert au domicile de M. Aslan 4,5 millions de dollars en liquide dissimulés dans des cartons à chaussures.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, la Halk Bankasi a démenti toute fraude dans ses opérations avec l'Iran et précisé avoir interrompu toute transaction avec ce pays le 10 juin 2013, après l'annonce par les Etats-Unis de nouvelles sanctions contre Téhéran.

M. Erdogan a de son côté pris publiquement la défense de la banque, affirmant qu'elle était victime d'un "complot". "Cette banque fait peur aux ennemis de la Turquie", a-t-il assuré.

Largement dépendante de l'Iran et de la Russie pour ses ressources énergétiques, la Turquie envisage d'augmenter ses importations de pétrole en provenance de Téhéran à la faveur de la levée des sanctions internationales prévue dans le cadre de l'accord intérimaire sur le nucléaire iranien signé en novembre à Genève.

Ankara et Téhéran s'efforcent aussi de réchauffer leurs relations, tendues à cause de la guerre civile en Syrie. L'Iran est avec la Russie le principal allié du régime de Bachar al-Assad alors que la Turquie soutient le rébellion.

Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu s'est rendu en novembre en Iran.

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