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L'armée turque porte plainte contre la condamnation pour complot de centaines d'officiers

02/01/2014 10:42 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

L'état-major de l'armée turque a déposé une plainte contre la condamnation de centaines d'officiers dans deux procès pour complot contre le gouvernement islamo-conservateur, éclaboussé par un scandale de corruption sans précédent, ont rapporté jeudi les médias.

L'institution militaire a formellement déposé le 27 décembre dernier une requête en ce sens devant le bureau du procureur d'Ankara, afin d'obtenir de nouveaux procès, a précisé la chaîne de télévision NTV.

Dans l'affaire dite "Ergenekon", un tribunal de Silivri, dans la banlieue d'Istanbul, a prononcé en août dernier de lourdes peines de prison contre 275 accusés, dont de nombreux officiers, des élus et des journalistes, soupçonnés d'avoir tenté de renverser le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Parmi eux figurent l'ancien chef d'état-major de l'armée turque, le général Ilker Basbug, condamné à la prison à vie dans un procès dénoncé par l'opposition comme une "chasse aux sorcières".

En août 2012, le même tribunal de Silivri avait condamné plus de 300 militaires, dont des généraux quatre étoiles, a des peines de 13 à 20 ans de réclusion pour une autre tentative de complot présumée, en 2003 cette fois, encore contre le régime de M. Erdogan.

Cette action en justice de l'armée intervient alors que le gouvernement se débat depuis deux semaines dans un scandale de corruption qui a conduit à plus d'une vingtaine d'incarcérations de proches du pouvoir et causé la démission de trois ministres et un vaste remaniement ministériel.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, les forces armées turques (TSK) avaient publié un communiqué pour assurer qu'elles "ne veulent pas être impliquées dans les débats politiques" en cours.

Cette déclaration est intervenue quelques heures après qu'un journal pro-gouvernemental eut publié un article d'un proche conseiller politique du Premier ministre suggérant que le scandale en cours aurait pu être déclenché pour ouvrir la voie à une intervention de l'armée.

Le Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan a considérablement réduit par des réformes et plusieurs procès l'influence politique de l'armée qui, depuis 1960, a mené trois coups d'Etat et forcé un gouvernement d'inspiration islamiste à la démission.

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