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France: nouvelle polémique pour l'humoriste controversé Dieudonné qui se dit menacé

02/01/2014 02:08 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

L'humoriste controversé Dieudonné était au coeur d'une nouvelle polémique jeudi en France après avoir violemment pris à partie dans une video l'avocat Arno Klarsfeld, fils du chasseur de nazis Serge Klarsfeld, qui a appelé les Français à manifester contre ses spectacles.

"En tant que membre des Fils et filles des déportés juifs de France, association présidée par mon père, j'appelle les citoyens, juifs et non juifs, à manifester leur indignation - ce qui est un droit constitutionnel - afin de dénoncer la haine antisémite et qu'il ne soit pas permis dans la France de 2014 de dire que les chambres à gaz n'ont pas gazé assez de juifs", a expliqué l'avocat à l'AFP.

Arno Klarsfeld appelle à manifester à l'occasion de tous les spectacles de Dieudonné, plusieurs fois condamné pour des propos jugés antisémites et qui entame une tournée le 9 janvier à Nantes, dans l'Ouest de la France.

L'avocat a en revanche exclu de déposer plainte contre l'humoriste qui l'a pris à partie dans une vidéo mise en ligne mardi soir. "Je dépose plainte uniquement pour crimes contre l'humanité, pas contre un antisémite nauséeux", a argué M. Klarsfeld.

Cette nouvelle polémique survient alors que, selon une source judiciaire, Dieudonné a de son côté porté plainte mardi pour "menaces réitérées de destruction du théâtre de la Main d'Or", où il se produit à Paris, et "menaces de violences".

Le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), déjà en charge depuis lundi d'une enquête pour incitation à la haine raciale et injure raciale après des propos tenus par l'humoriste à l'encontre de Patrick Cohen, journaliste de la radio France Inter.

En fin de semaine dernière, le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls a annoncé étudier "toutes les voies juridiques" pour interdire les spectacles de Dieudonné, qu'il a qualifié de "petit entrepreneur de la haine".

Une annonce qui a provoqué ces derniers jours un débat dans les médias et au sein de la classe politique sur les possibles limites à la liberté d'expression.

Jeudi, deux municipalités de l'Est de la France, l'une de centre-droit Nancy, l'autre socialiste Metz, ont réclamé l'interdiction des spectacles de Dieudonné, prévus les 18 et 19 janvier dans ces deux villes.

Pour le maire de Nancy, André Rossinot, "la liberté d'expression est une donnée fondamentale de notre société", mais lorsqu'elle "se transforme en une propagande raciste, xénophobe et antisémite, il y a lieu de réagir".

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