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Des records de froid ont été pulvérisés au Québec, notamment en Abitibi

02/01/2014 10:45 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Des records de froid ont été pulvérisés ce jeudi dans plusieurs régions du Québec, déclassant les marques enregistrées il y a plusieurs décennies et, dans un moins un cas, un record vieux de 92 ans, a confirmé Environnement Canada en début de soirée.

À Témiscaming, l'ancien record du plus bas minimum datait de 1922 avec -30,6; désormais, le -34,2 de 2014 s'impose. Toujours dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue, Val-d'Or a enregistré une température record de -41,6 degrés contre -41 degrés en 1980.

À Québec, la marque de 1968 avec -29,4 passe derrière le -33,9 enregistré ce jeudi. À Baie-Comeau, le -37 de 2014 éclipse le -34,4 de 1974.

À Montréal, ce jeudi, le mercure n'a pas été en mesure de s'élever plus haut que -24,2 degrés, ce qui constitue également un record du maximum le plus froid. La marque précédente avait été inscrite en 1968, avec un -17,8 degrés.

En matinée jeudi, des températures minimales allant de -28 à -42 degrés ont été répertoriées à travers la province. En tenant compte du refroidissement éolien, les gens qui ont osé mettre le bout du nez dehors ressentait plutôt des températures oscillant entre -38 et -52 degrés.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne, Catherine Vallières, d'Environnement Canada, a mentionné que les températures moyennes étaient d'au moins cinq ou six degrés plus basses que les records de froid établis il y a plusieurs années.

«Le froid va se poursuivre dans la nuit de jeudi à vendredi et, vendredi, cela sera encore relativement très froid. Le mercure va tranquillement monter vers les moyennes de saison samedi, et on annonce un peu plus doux dimanche, avec des températures près des normales, ou légèrement au-dessus», a-t-elle par ailleurs confié.

Malgré les températures extrêmes des derniers jours, Urgences-santé n'a rapporté aucune augmentation significative du nombre d'appels pour des engelures ou d'autres problèmes de santé reliés au froid.

Stéphane Smith, porte-parole d'Urgences-Santé, a observé que le filet de sécurité mis en place par plusieurs intervenants sociaux permet maintenant de prévenir plus efficacement les drames, notamment en ce qui à trait aux personnes sans abri.

«Il y a plusieurs mesures en place pour aider les itinérants. Ils sont souvent menés en centre hospitalier ou dans des refuges lorsque les températures chutes comme en ce moment», indiquait-il jeudi en début de soirée.

Cependant, ces grands froids ont provoqué la mise en place de mesures visant à réduire la circulation sur les principaux ponts de Montréal, où plusieurs accrochages ont été rapportés tard jeudi soir.

En raison de la situation qui prévalait un peu avant 23 heures, une voie a été fermée dans chaque direction sur le pont Champlain.

Du côté du pont Jacques-Cartier, une seule voie était ouverte pour entrer à Montréal et une autre pour sortir de l'île.

Transports Québec fait savoir que la mesure a pour objectif de ralentir la circulation sur le réseau routier.

«Autour de l'eau par période de grands froids, il se forme une sorte de vapeur d'eau qui s'accroche sur les structures des ponts et qui rendent les ponts très glissants. Cela explique les accidents survenus sur les ponts Jacques-Cartier, Champlain, Mercier et de l'Île aux Tourtes», rapporte Louis Lalancette, porte-parole de Transports Québec.

Pannes d'électricité

Ces très froides températures pourraient être la cause d'un certain nombre de pannes d'électricité enregistrées sur différents secteurs du Québec jeudi soir.

À 22 h, le site internet d'Hydro-Québec rapportait un peu plus de 2800 pannes, principalement dans les régions de Montréal, de Lanaudière, de la Montérégie et de Chaudière-Appalaches. Une heure plus tôt, le bilan des pannes s'élevait à un peu plus de 4000.

Plus tôt jeudi, Hydro-Québec avait demandé à la population de restreindre sa consommation d'électricité aux heures de pointe, c'est-à-dire entre 6 h et 9 h et entre 16 h et 20 h, pour éviter le déclenchement de pannes.

Les températures polaires enregistrées depuis le 30 décembre sont liées à une masse d'air glacial qui s'est installée sur l'Ontario, le Québec et les provinces maritimes.

Ce système, qui est relativement stationnaire, est constamment alimenté par des vents de l'ouest poussant l'air froid en provenance des Territoires du Nord-Ouest, explique le météorologue André Cantin, d'Environnement Canada.

Des températures plus près des normales saisonnières devraient être de retour au courant de la fin de semaine.

Le froid laissera alors place à la neige, puisque des précipitations sont attendues dans la nuit de dimanche à lundi à la grandeur du Québec.

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