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Un prêtre catholique de retour en France un mois et demi après son enlèvement au Cameroun

01/01/2014 03:19 EST | Actualisé 03/03/2014 05:12 EST

Le prêtre catholique français Georges Vandenbeusch, libéré un mois et demi après son enlèvement au Cameroun par le groupe islamiste nigérian Boko Haram, est arrivé mercredi à Paris au terme d'une année marquée par de nombreux rebondissements pour les otages français dans le monde.

Une source de Boko Haram a déclaré mercredi depuis Kano (nord du Nigeria) que le prêtre avait été libéré "par compassion" en raison notamment de "services médicaux" rendus, et qu'aucune rançon n'avait été versée.

Dans la soirée, le père Vandenbeusch démenti avoir soigné quiconque parmi ses ravisseurs.

"Je ne suis ni infirmier ni médecin. S'ils m'avaient amené quelqu'un à soigner avec une hémorragie j'aurais fait ce que je pouvais, mais ils ne l'ont pas fait. Ils n'ont de compassion pour personne", a-t-il dit sur la chaine de télévision France 2.

Le prêtre a été accompagné de Yaoundé à un aéroport militaire proche de Paris par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

L'ex-otage, souriant et fraîchement rasé, a été accueilli par le président François Hollande, des proches dont ses parents adoptifs et des membres du diocèse de la banlieue parisienne auquel il était rattaché.

"C'est un jour heureux que de retrouver notre compatriote retenu trop longtemps", a déclaré M. Hollande, saluant "le courage, la lucidité et l'abnégation" de l'ex-otage.

Le père Georges, 42 ans, était apparu mardi à Yaoundé un peu amaigri et barbu. Souriant et l'air détendu, il s'est dit "en pleine forme".

"Je mesure bien la chance que j'ai. Il y a des otages qui sont restés terriblement longtemps", a-t-il déclaré.

Celui qui avait été enlevé dans la nuit du 13 au 14 novembre par une quinzaine d'hommes armés de Boko Haram dans l'extrême nord du Cameroun a brièvement évoqué sa captivité.

"J'étais sous un arbre pendant un mois et demi. Sept semaines ça fait beaucoup d'heures, quand on est otage et qu'on n'a rien à faire, rien à lire, personne à qui parler." "C'est l'ennui terrible, de la tristesse et de la colère", a-t-il résumé.

Il a confirmé avoir été détenu au Nigeria voisin, aux mains de ravisseurs parlant haoussa, langue du nord du pays le plus peuplé d'Afrique, dans une zone frappée depuis Noël par "des bombardements".

Très peu de détails ont filtré sur les circonstances de sa libération.

Mercredi, un membre de la secte jihadiste avait affirmé que "la direction (de Boko Haram) a décidé de libérer le prêtre par compassion. Le prêtre a offert ses services médicaux à des membres (du groupe) malades pendant sa période de captivité. La direction a ressenti qu'il n'y a avait plus besoin de le garder".

Une version démentie quelques heures plus tard par le religieux libéré mardi dans le nord du Cameroun, selon une source diplomatique française.

L'armée nigériane a assuré ne pas avoir été impliquée dans sa libération.

"Pas de rançon"

Le père Vandenbeusch s'est simplement dit "extrêmement reconnaissant" envers le président camerounais Paul Biya. Il a ainsi fait écho au chef de l'Etat français, qui a remercié son homologue camerounais "pour son implication personnelle".

"C'est la deuxième fois que les autorités camerounaises interviennent pour libérer des otages français dans cette région particulièrement dangereuse", a souligné le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault.

Paul Biya avait déjà engrangé des remerciements appuyés de Paris en avril, après la libération des sept otages, dont quatre enfants, de la famille Moulin-Fournier après deux mois de séquestration aux mains de Boko Haram.

Cette année, les Français ont été visés plus que jamais par les ravisseurs, en Afrique et en Syrie.

Il y avait ainsi quinze otages français dans le monde en février. Après cette nouvelle libération, il en reste six: deux au Sahel et quatre journalistes enlevés en Syrie.

"Tant que nous n'aurons pas libéré tous nos otages, a dit M. Hollande, nous devons être extrêmement rigoureux pour que nous ne puissions pas laisser ces ravisseurs en prendre d'autres".

Depuis le début de l'année, un agent de la DGSE (services secrets) a été tué lors de l'échec de l'opération lancée pour le libérer en Somalie et deux envoyés spéciaux de Radio France Internationale (RFI) ont été abattus par leurs ravisseurs peu après leur enlèvement dans le nord du Mali.

Douze autres otages ont retrouvé la liberté après des mois ou des années de captivité, dont l'un qui, fait rarissime, a réussi à échapper à des islamistes dans le nord du Nigeria.

Dans plusieurs cas, les dénégations des autorités françaises n'ont pas fait taire les rumeurs sur le versement de rançons.

S'agissant du père Georges, Laurent Fabius a affirmé qu'il y avait eu des "discussions" mais "pas de rançon".

La source de Boko Haram a affirmé que le groupe avait demandé une rançon à la France, par l'intermédiaire du Cameroun, mais que la France avait refusé.

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