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Des députés ougandais reprochent à Museveni de prendre partie dans le conflit sud-soudanais

01/01/2014 10:43 EST | Actualisé 03/03/2014 05:12 EST

Sept députés ougandais ont accusé mercredi le président ougandais Yoweri Museveni de prendre partie dans le conflit sud-soudanais qui oppose depuis mi-décembre le président Salva Kiir à son ex-vice président Riek Machar.

L'Ouganda a déployé des soldats au Soudan du Sud le 20 décembre, cinq jours après le début des affrontements entre l'armée et la rébellion pro-Machar, pour évacuer ses ressortissants.

Cette semaine encore, M. Museveni a fustigé Riek Machar pour ne pas avoir respecté un cessez-le-feu réclamé par une médiation de pays d'Afrique de l'Est et de la Corne de l'Afrique, menaçant d'"aller chercher" l'ex-vice président s'il ne se pliait pas aux ultimatums.

"Il n'est pas bon que le président Museveni lance des ultimatums à Machar", a déclaré à l'AFP l'un des députés, Theodore Ssekikuubo. "C'est un conflit tribal et pas une question politique dans laquelle il devrait s'impliquer".

"L'Ouganda prend déjà partie dans le conflit et arrête d'être neutre", a ajouté le député, exclu récemment du parti au pouvoir pour s'être opposé à la politique du chef de l'Etat. "Il menace d'action militaire l'une des parties -- Riek Machar --, ce qui veut dire qu'il pense déjà qu'il a tort".

Le jeune Soudan du Sud est déchiré depuis le 15 décembre par d'intenses combats alimentés par une rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar, limogé en juillet.

Le premier accuse le second de tentative de coup d'Etat. Riek Machar nie et reproche à Salva Kiir de chercher à éliminer ses rivaux.

Le conflit aurait déjà fait des milliers de morts et près de 200.000 déplacés. Des informations ont aussi émergé sur des viols, meurtres, massacres à caractère ethnique.

Car les combats revêtent également une dimension tribale : la rivalité utilise et exacerbe les antagonismes entre Dinka, tribu de M. Kiir, et Nuer, celle de M. Machar.

"Nous soutenons la mission d'évacuation mais elle doit être menée conformément à notre Constitution", a ajouté le député, regrettant que le président Museveni n'ait pas consulté le Parlement à ce sujet.

L'armée ougandaise dit avoir évacué 1.142 personnes -- surtout ougandais, mais aussi éthiopiennes, rwandaises et kényanes -- du Soudan du Sud.

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