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Soudan du Sud: les rebelles prennent la ville de Bor, des pourparlers en vue

31/12/2013 10:17 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

Les rebelles antigouvernementaux du Soudan du Sud ont pris le contrôle de la majorité des secteurs d'une ville stratégique, mardi, alors que l'envoyé spécial des États-Unis au pays affirmait que les deux factions opposées avaient accepté de prendre part à des pourparlers de paix en Éthiopie.

L'annonce de la tenue éventuelle de négociations de paix était la première percée sur le plan diplomatique depuis le début des violences interethniques, le 15 décembre.

Les affrontements entre les deux principaux groupes ethniques du pays auraient fait environ 1000 morts — un bilan considéré conservateur.

L'envoyé spécial des États-Unis au Soudan, Donald Booth, a rencontré mardi le président Salva Kiir, et ce, pour une quatrième fois en huit jours.

Il s'est également entretenu au téléphone avec l'ancien vice-président Riek Machar, qui est accusé par le gouvernement en place d'avoir fomenté un coup d'État, une accusation que le principal intéressé dément.

Donald Booth a affirmé à un journaliste que l'engagement pris par les deux camps était certes une première étape, mais qu'elle avait son importance en vue d'une cessation des hostilités dans le plus jeune pays au monde.

Un peu plus tôt dans la journée, de violents combats ont éclaté à Bor, la capitale provinciale contestée de l'État de Jonglei située non loin de la capitale du pays, Djouba.

Les forces gouvernementales ont combattu les troupes loyales à Riek Machar, incluant une milice tribale connue sous le nom d'«Armée blanche», a indiqué le porte-parole de l'armée, le colonel Philip Aguer.

Le gouvernement avait prévenu que des affrontements étaient imminents à Bor, ayant affirmé à un certain moment que 25 000 jeunes personnes armées se dirigeaient vers la ville.

Cette estimation avait été plus tard revue à la baisse, mais un nombre suffisant d'entre eux a convergé afin de prendre le contrôle quasi-total de la ville, mardi, a précisé un représentant américain sous le couvert de l'anonymat.

Le Soudan du Sud est en proie à la violence depuis le 15 décembre. Le gouvernement accuse l'ancien vice-président Riek Machar, qui appartient à l'ethnie Nuer, d'avoir tenté d'orchestrer un coup d'État contre le président Salva Kiir, qui est membre de l'ethnie Dinka.

L'Éthiopie a joué un rôle de premier plan auprès des deux dirigeants en vue de la tenue de négociations de paix.

Selon les Nations unies, près de 180 000 personnes ont été forcées de fuir leur résidence depuis le début des combats à la mi-décembre.

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