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Marco Weber, militant de Greepeace, revient sur la solitude durant sa détention

31/12/2013 07:37 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

Le suisse Marco Weber, un des activistes de Greenpeace qui comptait parmi les "30 de l'Arctique" est revenu sur ses conditions de détention en Russie lors d'une conférence de presse qui s'est tenue mardi à Zurich au lendemain de son retour en Suisse.

S'il a assuré ne pas avoir été maltraité dans les prisons russes, il a toutefois évoqué les difficultés liés à l'isolement pendant ses trois mois en captivité.

"C'était assez dur d'être isolé. Pas au début, mais après quelques semaines, c'était assez éprouvant. Le manque de contacts avec d'autres êtres humains était très dur", a-t-il expliqué.

Marco Weber, 28 ans, avait été placé dans une cellule individuelle. Si d'autres membres des "30 de l'Arctique" avaient été placés en cellules avec des détenus russes, les membres de l'organisation n'avaient aucun contact entre eux pendant leur détention.

"Mais la chose la plus dure était surtout l'incertitude sur ce qui se passait", a-t-il déclaré devant un parterre de journalistes durant la conférence au siège suisse de Greenpeace à Zurich.

Marco Weber, un alpiniste chevronné, avait participé en septembre à une action contre une plateforme du géant russe Gazprom dans l'Arctique visant à dénoncer les risques de l'exploitation d'hydrocarbures dans cette zone aux écosystèmes particulièrement fragiles.

Les militants embarqués à bord du navire Arctic Sunrise avaient été arrêtés en septembre et accusés dans un premier temps de piraterie, un crime passible de 15 ans de prison maximum, avant que ce chef d'inculpation soit requalifié par la suite en "hooliganisme", un délit qui leur faisait encourir jusqu'à sept ans de détention.

D'abord détenus à Mourmansk, au-delà du cercle polaire, ils avaient été ensuite transférés à Saint-Pétersbourg, avant d'être remis en liberté sous caution en novembre et finalement de bénéficier d'une amnistie votée mi-décembre par le Parlement russe à l'occasion des 20 ans de la Constitution.

Revenant sur son amnistie, Marco Weber a déclaré qu'il n'y avait aucun sens a être gracié pour un crime pour lequel il n'a pas été condamné.

"Les autorités russes cherchaient une solution. Elles ont essayé de trouvé une façon de s'en sortir sans nous inculper mais dans le même temps sans dire que nous n'étions pas coupables", a-t-il indiqué à l'AFP.

Marco Weber était arrivé lundi à Zurich au terme d'un trajet en train qui a duré 50 heures.

Les traits tirés, il a cependant assuré ne regretter aucunement d'avoir participé à cette action, malgré sa détention.

"Je le referais. Je ne regrette pas de m'être engagé de cette façon pour l'Arctique", a-t-il affirmé, se disant profondément motivé à protéger cet écosystème unique.

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