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Libération du prêtre français enlevé au Cameroun mi-novembre

31/12/2013 07:00 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

Le prêtre français Georges Vandenbeusch, enlevé mi-novembre au Cameroun par le mouvement islamiste nigérian Boko Haram, a été libéré et va être rapatrié en France, a annoncé mardi le président François Hollande, sans dévoiler les circonstances de sa libération.

Le président français a remercié, dans un communiqué, "tous ceux qui ont travaillé sans relâche à cette issue, notamment les autorités du Cameroun et du Nigéria" et "particulièrement le président (camerounais) Paul Biya pour son implication personnelle".

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, se rend à Yaoundé, capitale du Cameroun, pour accueillir le prêtre, a-t-il ajouté. M. Fabius a lui-même précisé à la radio RTL qu'il allait "le ramener dans la nuit à Paris, où François Hollande l'accueillera".

Interrogé sur l'état de santé du prêtre, M. Fabius a indiqué, que, selon ses informations, il n'y avait "pas de problème".

Le père Vandenbeusch, âgé de 42 ans, avait été enlevé dans la nuit du 13 au 14 novembre par une quinzaine d'hommes armés dans l'extrême nord du Cameroun, dans le même secteur que sept Français -- dont quatre enfants -- kidnappés le 19 février 2013, également par l'organisation Boko Haram.

Les ravisseurs avaient très rapidement conduit le père Georges au Nigeria voisin, d'après plusieurs témoignages.

Les circonstances de sa libération restent à éclaircir.

Selon une source diplomatique française, le prêtre "a été libéré aux premières heures de la matinée dans le nord du Cameroun". De son côté, l'armée nigériane a fait savoir par l'intermédiaire de son porte-parole, le général Chris Olukade, qu'elle n'était pas impliquée dans sa libération.

Une source proche des services de sécurité camerounais avait indiqué mi-décembre que des négociations étaient menées à travers des intermédiaires camerounais, proches des ravisseurs.

"Grande force de caractère"

Sollicitée, la famille du père Georges et les responsables du diocèse de Nanterre, en région parisienne, où le curé a officié pendant neuf ans avant de s'envoler pour l'Afrique, n'ont pas souhaité s'exprimer dans l'immédiat.

Très discrets depuis l'enlèvement, ses proches avaient salué, dans un entretien à l'AFP mi-décembre, la bonne collaboration entre les autorités françaises, nigérianes et camerounaises. "Nous comptons sur la grande force de caractère, la grande résistance physique de Georges pour l'aider à traverser cette épreuve", avait déclaré Sophie Vincent, une cousine du curé qui a perdu à l'âge de sept ans ses parents, victimes d'une noyade.

Un comité de soutien avait été créé et une veillée de prière était organisée tous les jeudi soirs dans l'ancienne paroisse du prêtre, l'église Saint-Jean-Baptiste de Sceaux.

Le père Georges officiait dans le nord du Cameroun depuis 2011 dans le cadre d'un échange de prêtres entre diocèses.

Les autorités françaises l'avaient alerté à plusieurs reprises sur la dangerosité de la zone et l'avaient exhorté à partir, mais le prêtre catholique avait décidé de rester. "Les combats contre la secte islamiste (Boko Haram) font rage juste à côté (...) mais mon travail ici est passionnant", avait-il écrit peu de temps avant son enlèvement à ses anciens paroissiens.

Le groupe Boko Haram a été placé en novembre sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis. Il revendique la création d'un Etat islamique dans tout le nord du Nigeria, majoritairement musulman.

Six Français restent à ce jour retenus en otage au Mali et en Syrie, a rappelé mardi le président Hollande, qui a "réitéré son soutien à leurs familles, particulièrement en cette période de fêtes, et leur a redit sa détermination à oeuvrer à leur libération".

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