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La Slovaquie accepte trois prisonniers ouïghours de Guantanamo

31/12/2013 12:57 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

MIAMI - La Slovaquie a ouvert ses portes à trois détenus de la base militaire de Guantanamo, aidant le gouvernement américain à s'approcher de son objectif de mettre la clé sous la porte de la prison située sur l'île de Cuba.

Les trois hommes qui ont pris la direction du pays d'Europe de l'Est au cours des derniers jours sont des Ouïghours, membres d'une minorité ethnique musulmane de l'ouest de la Chine.

Soupçonnés d'être des alliés du régime taliban, ils avaient été emprisonnés en Afghanistan, puis transférés à Guantanamo pour y subir des interrogatoires.

Les autorités ont éventuellement déterminé que les 22 Ouïghours qui étaient derrière les barreaux n'étaient pas impliqués dans des activités terroristes, mais Washington avait éprouvé de la difficulté à les relocaliser.

La Chine avait demandé leur retour au pays; cependant, les autorités n'avaient pas accédé à cette requête puisqu'elles craignaient que les détenus ne soient torturés ou persécutés.

Plusieurs pays avaient ensuite refusé de les accueillir par crainte de susciter la colère de Pékin.

«La Slovaquie mérite beaucoup de reconnaissance, parce qu'elle a fait ce que des pays d'importance comme les États-Unis, le Canada et l'Allemagne ne voulaient pas faire, c'est-à-dire résister aux pressions diplomatiques de la Chine», a déclaré Wells Dixon, un avocat du Centre pour les droits constitutionnels, qui a travaillé pendant des années pour la libération des Ouïghours.

Le Pentagone a dévoilé mardi l'identité des anciens détenus: il s'agit de Yusef Abbas, Saidullah Khalik et Hajiakbad Abdul Ghuper. Les trois sont âgés dans la trentaine et ont été capturés à la fin de l'année 2001.

La Slovaquie a déjà accueilli trois prisonniers de Guantanamo en 2009 — un Égyptien, un Tunisien et un Azerbaïdjanais.

Le transfert des trois Ouïghours a été présenté par le ministère slovaque de l'Intérieur comme une simple prolongation de l'ancien accord.

«Comme dans le cas du premier transfert, il s'agit de personnes qui n'ont été ni soupçonnées, ni accusées de crimes reliés au terrorisme», a indiqué le ministère par voie de communiqué.

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