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Espagne, Grèce, Lettonie: la zone euro termine l'année sur une note d'espoir

31/12/2013 11:24 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

L'Espagne est officiellement sortie mardi du plan d'aide octroyé en 2012 pour ses banques, un nouveau signe encourageant pour la zone euro au lendemain de la promesse du Premier ministre grec du retour de son pays sur les marchés, alors que la Lettonie est passée à l'euro.

Avec les feux d'artifice saluant l'arrivée à minuit du Nouvel An, les Lettons ont dit adieu dans la nuit de mardi à mercredi à leur devise nationale le lats, introduit en 1993 pour remplacer le rouble de l'ère soviétique.

Comme l'Irlande avant elle, l'Espagne a tourné une page mardi avec la fin du plan d'aide de 41,3 milliards d'euros pour recapitaliser ses banques en difficulté. Elle ne demandera pas en outre de programme d'assistance supplémentaire pour ménager une transition.

Cette annonce n'est guère une surprise, mais elle est arrivée plus tôt que prévu: les autorités espagnoles tablaient sur une fin officielle du programme d'aide courant janvier.

L'information est venue de Luxembourg où siège le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de la zone euro qui a fourni la totalité de l'aide à Madrid.

"Le plan d'aide du MES pour l'Espagne prend fin avec succès aujourd'hui", a-t-il fait savoir. Son patron Klaus Regling en a profité pour saluer "une réussite impressionnante". L'aide fournie par la zone euro a contribué "à la recapitalisation et la restructuration des banques espagnoles en difficulté, qui sont aujourd'hui sur des rails solides", a-t-il poursuivi.

Chahutée par les marchés et poussée à plusieurs reprises à accepter un plan pour redresser son économie, l'Espagne a longtemps freiné des quatre fers. En juin 2012, elle s'est finalement résolue à accepter un sauvetage uniquement pour ses banques, avec la seule aide de la zone euro.

Le Fonds monétaire international (FMI) n'a eu qu'une mission de surveillance dans ce programme d'assistance financière, qui fut le quatrième pour un pays de la zone euro depuis le début de la crise, après ceux de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal.

Ces nouvelles sont d'autant plus encourageantes que l'Irlande vient elle aussi de sortir à la mi-décembre de son plan d'aide et que la Grèce, qui assume au 1er janvier la présidence de l'UE, devrait commencer en 2014 à tourner la page de la crise.

Après six années de récession profonde, le pays devrait renouer avec la croissance (+0,6% en 2014 selon les projections du gouvernement). Il sortira en outre des plans d'assistance UE-FMI et ne demandera pas de nouveau prêt, a assuré lundi son Premier ministre Antonis Samaras en présentant ses voeux pour la nouvelle année.

"En 2014, nous ferons le grand pas de la sortie" du plan d'aide, a-t-il déclaré, "et il n'y aura pas besoin de nouveaux accords d'assistance ou de prêts", a-t-il martelé, souhaitant que la Grèce redevienne un pays "comme les autres". Des promesses qui dépendront de l'appréciation portée par les créanciers du pays dans les mois à venir sur les efforts réalisés par le pays.

Certains commentateurs laissent entendre que le gouvernement de M. Samaras pourrait bénéficier de la part de la troïka d'une certaine compréhension dans les mois qui viennent, dans un contexte marqué par les élections européennes du printemps.

Car plusieurs problèmes restent à régler: le niveau de la dette grecque (autour de 175% du PIB) et le trou de financement auquel le pays devrait faire face après la mi-2014.

Ses bailleurs de fonds s'étaient engagés à aider de nouveau le pays s'il enregistrait un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette), ce qui semble en bonne voie pour 2013. Les chiffres officiels seront publiés au printemps. Lundi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a rappelé que la zone euro allait "décider en milieu d'année s'il faut à nouveau aider la Grèce".

Avant ces échéances, la Lettonie est devenue dans la nuit de mardi à mercredi le 18e membre de l'Union monétaire, malgré de vives réticences de sa population.

"Grâce à ces efforts, la Lettonie entrera dans la zone euro plus forte que jamais, envoyant ainsi un message d'encouragement à d'autres pays engagés dans un processus d'ajustement économique difficile", a estimé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

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