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Egypte: des journalistes d'Al-Jazeera, dont un Australien, en détention (Parquet)

31/12/2013 09:29 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

Le parquet égyptien a indiqué avoir ordonné mardi le placement en détention préventive pour 15 jours de trois journalistes d'Al-Jazeera, dont un Australien, pour avoir diffusé des informations portant atteinte à la "sécurité nationale".

Cette décision intervient sur fond de répression de plus en plus sévère envers les Frères musulmans, la confrérie du président Mohamed Morsi destitué et arrêté par l'armée il y a six mois, au grand dam du Qatar.

Selon l'antenne anglophone de la chaîne satellitaire basée au Qatar, le parquet a placé en détention le chef du bureau du Caire, l'Egypto-canadien Mohamed Adel Fahmy, l'Australien Peter Greste et le producteur égyptien Baher Mohamed. Mohamed Fawzi, un caméraman arrêté avec le reste de l'équipe dimanche, a, lui, été libéré.

Accusés d'avoir "travaillé illégalement, filmé des institutions relevant de la souveraineté (de l'Egypte) et diffusé des vidéos visant à perturber la paix et la sécurité nationales", selon le parquet, ils ont été placés en détention pour 15 jours renouvelables dans l'attente de leur procès.

Les journalistes sont également accusés de détenir des plans d'installations militaires sur leurs ordinateurs et de travailler pour la chaîne en dépit du fait que son autorisation d'émettre a été retirée par les autorités.

Peter Greste, un ancien journaliste de la BBC, a remporté le prix Peabody en 2011 pour un documentaire sur la Somalie. M. Fahmy, qui a travaillé pour CNN, est un journaliste renommé au Caire, sans lien connu avec les Frères musulmans.

Les autorités accusent Al-Jazeera de soutenir les Frères musulmans, et ses filiales en Egypte ont fait les frais de l'implacable répression menée contre la confrérie, qui a remporté toutes les élections depuis la chute du président Hosni Moubarak début 2011.

Il y a quelques jours, le nouveau pouvoir dirigé de facto par l'armée a déclaré la confrérie "organisation terroriste", et détenir des documents diffusés par les Frères musulmans est désormais passible de peines allant jusqu'à cinq ans de prison.

Plusieurs journalistes d'Al-Jazeera sont actuellement détenus, dont Abdallah Elshami, arrêté le 14 août alors qu'il couvrait la dispersion dans un bain de sang de rassemblements pro-Morsi au Caire.

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