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Colombie:Uribe promet qu'il ne sera pas un "obstacle à la paix"

31/12/2013 01:31 EST | Actualisé 02/03/2014 05:12 EST

L'ex-président colombien Alvaro Uribe, opposant aux négociations avec la guérilla des Farc, a promis mardi qu'il ne serait pas un "obstacle à la paix", tout en réaffirmant son opposition à toute impunité pour les crimes commis durant le conflit interne qui secoue le pays.

Le gouvernement de Bogota a ouvert avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) des pourparlers qui se déroulent depuis novembre 2012 à Cuba, dans l'espoir de résoudre un conflit de près d'un demi-siècle, le plus ancien d'Amérique latine.

"Nous ne serons pas un obstacle à la paix mais nous nous opposerons à ce que les auteurs de crimes atroces ne soient pas punis par la prison, à ce qu'on leur donne un parti politique et qu'on en fasse des députés", a écrit M. Uribe, dans un message posté sur son compte Twitter.

Le conflit interne, qui a mis en scène des guérillas communistes, des milices paramilitaires d'extrême droite et des gangs criminels, a fait plusieurs centaines de milliers de morts et quelque 4,5 millions de déplacés en cinquante ans.

"L'absence de justice est un mauvais exemple pour les nouvelles générations, elle empêche le pardon, elle ne garantit pas une paix stable, elle engendre de nouvelles violences et fragilise les victimes", a ajouté l'ancien chef de l'Etat, au pouvoir entre 2002 et 2010.

Très populaire pour sa politique de fermeté envers les Farc, M. Uribe, dont le gouvernement a aussi été éclaboussé par des accusations de violation des droits de l'homme, est devenu le principal opposant à son successeur Juan Manuel Santos, accusé de trahison pour avoir ouvert le dialogue avec la principale guérilla colombienne.

L'ancien chef de l'Etat, candidat pour un siège au Sénat l'an prochain, a enfin annoncé son intention de proposer un projet de loi accordant la liberté conditionnelle aux policiers et militaires détenus pour des délits commis durant leur service.

Il a souligné que les forces de l'ordre ne pouvaient avoir "le même traitement que les terroristes", en référence aux guérilleros des Farc.

Dans le cadre du processus de paix, les autorités ont déjà évoqué la possibilité de prendre des mesures de justice transitionnelle avec des suspensions de peine, en échange d'aveux. Un sujet qui reste très sensible en Colombie.

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