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Turquie: monnaie et bourse reprennent de l'air après une semaine de recul

30/12/2013 03:21 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST

La bourse d'Istanbul a bondi de 2,1% à l'ouverture lundi et la monnaie nationale s'est légèrement appréciée face au dollar et à l'euro, après une semaine de fort repli provoquée par la grave crise politique qui secoue le gouvernement islamo-conservateur.

La devise turque s'échangeait lundi matin à 2,1405 livres (TL) pour un dollar contre 2,1492 à la clôture vendredi, où elle a atteint ses plus bas niveaux historiques.

Depuis le début de l'année, la devise turque a perdu plus de 15% face au dollar, affectée par le scandale politico-financier qui menace le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, mais aussi par les décisions de la banque centrale américaine (Fed) qui affectent les investissements internationaux dans les économies des pays émergents.

La livre turque remontait également légèrement lundi matin face à la monnaie européenne, à 2,9430 TL pour un euro contre 2,9616 vendredi soir, non loin de la barre symbolique des 3 livres pour un euro.

Après avoir lourdement chuté de plus de 8% au cours de la semaine écoulée, la bourse d'Istanbul a rouvert lundi matin à la hausse, le principal indice de la bourse d'Istanbul (BIST 100) progressant de 2,10%.

Pour lutter contre la tourmente, la banque centrale turque injecte depuis une semaine 450 millions de dollars de liquidités par jour sur les marchés.

Lundi, elle a décidé d'injecter jusqu'à 600 millions USD par voie d'adjudication. Elle prévoit en outre d'injecter un total de 3 milliards USD en janvier.

La crise politique qui vise le pouvoir s'est aussi ressentie sur le marché obligataire, où le taux de l'obligation à dix ans a atteint vendredi 10,63% pour 9,84% le 25 décembre et 9,37% au début décembre. Lundi, ce taux était de 10,17%.

Le ministre turc de Finances Mehmet Simsek s'est montré délibérément optimiste. "Les fondements de l'économie turque sont solides (...) une fois que la tourmente passera, la Turquie se ressaisira rapidement", a-t-il pronostiqué sur son compte Twitter.

Son collègue à l'Economie, Nihat Zeybekçi, nommé à ce poste mercredi dans le cadre d'un vaste remaniement pour éteindre le scandale qui a provoqué la démission de trois ministres dont son prédécesseur Zafer Caglayan, a lui aussi affiché sa confiance.

"Tout va se calmer d'ici la fin de la semaine. Les finances publiques sont solides", a assuré dimanche M. Zeybekçi.

La confiance affichée par le gouvernement n'est pas partagée par les chefs des grandes entreprises du pays, qui redoutent les retombées négatives, selon une enquête du magazine turc Ekonomist.

Plus des deux tiers (71%) de 132 PDG de sociétés turques ou étrangères implantées en Turquie interrogés estiment que ces remous auront un sérieux impact sur l'économie du pays, dont la croissance a ralenti après plusieurs années de forte progression.

Selon cette enquête, la question de la stabilité politique du pays constitue la principale préoccupation de 65,1% des partenaires étrangers des entreprises de Turquie.

En outre, 47,5% des patrons interrogés estiment que la crise actuelle pourrait provoquer des élections législatives anticipées, prévues normalement en 2015, après les municipales et présidentielle prévues pour mars et août 2014.

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