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La Birmanie annonce une large amnistie de prisonniers

30/12/2013 11:50 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

La Birmanie a annoncé lundi une large amnistie de prisonniers, notamment pour des motifs traditionnellement utilisés contre les opposants, alors que le président Thein Sein a promis qu'il n'y aurait plus de détenus politiques d'ici à la fin 2013.

Dans un but de "réconciliation nationale", le président réformateur a décidé, selon un message lu à la télévision et à la radio, qu'"avant le 31 décembre 2013", "tous les prisonniers condamnés sont amnistiés et relâchés" dans des cas comme "association illégale", "haute trahison" ou "diffamation", entre autres lois utilisées contre les opposants jusqu'ici.

Cette amnistie concerne également les personnes incarcérées dans le cadre de la loi draconienne concernant le droit de manifester.

Aucun responsable d'Etat n'était joignable lundi soir pour préciser le nombre de prisonniers bénéficiant de cette amnistie et confirmer que la promesse du président était tenue, in extremis, à l'avant-veille du passage à 2014.

"C'est une décision de grande envergure, et si tant est que cela s'avère vrai, il n'y a pas eu un tel acte politique depuis plus de 25 ans" en Birmanie, a réagi David Mathieson, de l'ONG Human Rights Watch, interrogé par l'AFP.

Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, le régime a libéré en plusieurs vagues des centaines d'opposants, moines, journalistes et avocats. La dernière amnistie remonte à septembre, avec 44 libérations de "politiques".

Mais le régime a également été accusé par les défenseurs des droits de l'Homme d'utiliser ces amnisties au compte-gouttes pour gagner les faveurs des capitales étrangères, tout en continuant à persécuter la dissidence.

Selon les défenseurs des droits de l'Homme une quarantaine de prisonniers politiques restent en prison. Et plus de 200 sont en attente de leur procès.

L'amnistie s'applique également aux personnes en attente d'être jugés, selon l'annonce officielle de lundi soir.

C'est à l'occasion de sa première visite à Londres en juillet que le président avait promis la libération de tous les prisonniers de conscience d'ici à la fin de l'année.

La junte au pouvoir pendant près d'un demi-siècle avait toujours nié l'existence des prisonniers politiques. Mais fin 2012, Thein Sein avait annoncé la création d'un comité pour les "définir" au sein de la population carcérale.

L'ancien général est crédité de réformes spectaculaires depuis deux ans, notamment le retour au coeur du jeu politique légal de l'opposante Aung San Suu Kyi, aujourd'hui députée. Des changements qui ont permis la levée de presque toutes les sanctions occidentales.

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