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Irak: 44 députés démissionnent après le démantèlement d'un camp protestataire

30/12/2013 12:10 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

Quarante-quatre députés irakiens ont annoncé qu'ils démissionnaient lundi, en réaction au démantèlement le même jour par les forces de l'ordre du principal campement de protestataires sunnites anti-gouvernementaux et à l'arrestation samedi d'un élu sunnite.

Les députés ont annoncé leur démission lors d'une conférence de presse télévisée au cours de laquelle ils ont réclamé "le retrait de l'armée" et "la libération du député Ahmed al-Alwani".

Des affrontements ont éclaté lundi entre des activistes et les forces de l'ordre à Ramadi et Falloujah, deux villes à l'ouest de Bagdad, après le démantèlement par les autorités du campement de protestataires qui bloquait l'autoroute depuis un an près de Ramadi.

Ces violences ont fait 10 morts et une quarantaine de blessés selon des sources médicales.

Samedi, Ahmed al-Alwani, un député sunnite qui était venu plusieurs fois soutenir les manifestants, a été arrêté à son domicile à Ramadi, au prix d'un raid ayant coûté la vie à son frère et à cinq gardes.

Selon l'armée, ce raid visait en premier lieu le frère du député, soupçonné de terrorisme. Mais l'opération a provoqué la colère de centaines de sunnites, qui ont défilé armés à Ramadi et à Falloujah.

Le mouvement de protestation sunnite avait débuté fin décembre 2012 à la suite d'une opération similaire, l'arrestation pour des soupçons de terrorisme des gardes d'un homme politique sunnite influent, Rafeh al-Issawi, alors ministre des Finances.

Ces arrestations avaient été considérées comme une illustration de l'utilisation abusive par les autorités dominées par les chiites de l'arsenal juridique antiterroriste à l'encontre la minorité sunnite, qui s'estime marginalisée.

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