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Grèce : tirs contre la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne, Athènes et Berlin calment le jeu

30/12/2013 10:17 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

La résidence de l'ambassadeur d'Allemagne à Athènes a été visée lundi par des tirs de kalachnikov, un attentat condamné par les responsables politiques grecs inquiets pour l'image du pays qui prend mercredi la présidence tournante de l'Union Européenne.

Vers 03H30 locales (01H30 GMT), des inconnus ont ouvert le feu depuis la rue en direction de la maison où se trouvait l'ambassadeur Wolfgang Dold, à Halandri, banlieue résidentielle du nord d'Athènes, sans faire de blessés.

Selon la police, ils ont vidé les chargeurs de deux kalachnikovs en direction de la maison avant de prendre la fuite. Une soixantaine de douilles ont été retrouvées sur les lieux mais seules quatre balles ont atteint la façade, l'essentiel des tirs ayant touché la clôture de la propriété.

Le policier de faction, qui est resté indemne, a indiqué aux enquêteurs avoir compté quatre protagonistes, tout comme un voisin témoin de l'attaque.

La police antiterroriste est chargée de l'enquête. Aucune revendication n'a été rendue publique.

Des attentats contre des cibles diplomatiques, banques ou compagnies étrangères, sont fréquents en Grèce, la police les imputant à des groupes de la mouvance d'extrême gauche ou anarchiste qui les revendiquent souvent. Et généralement ces actes ne provoquent que des dégâts matériels.

Cette attaque contre la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne a été condamnée par l'ensemble de la classe politique grecque, avec un souci manifeste de ne pas voir atteinte la réputation de la Grèce qui présidera l'Union Européenne pour six mois à partir de mercredi.

Le chef de la diplomatie Evangelos Venizelos a déploré un "acte terroriste lâche qui n'a d'autre but que de dégrader l'image de la Grèce à l'étranger, quelques jours avant que le pays prenne en charge la présidence de l'Union Européenne".

"climat d'insécurité"

Hauts responsables politiques à Athènes et Berlin se ont communiqué toute la matinée par téléphone. Le Premier ministre grec Antonis Samaras, à la tête d'une coalition conservateurs-socialistes, a assuré la chancelière allemande Angela Merkel que les coupables "seront traduits en justice", selon l'agence ANA (semi-officielle).

Cet attentat "ne sert pas les intérêts du peuple grec, mais crée un climat d'insécurité généralisée", a déploré le parti de la gauche radicale Syriza, principale force d'opposition. Il a appelé à ne pas faire d'amalgame avec les "luttes sociales pacifiques" contre les politiques d'austérité appliquées à la Grèce en crise depuis six ans.

Même le héros de la résistance contre l'occupation nazie, Manolis Glézos, député du Syriza, qui bataille pour le remboursement par l'Allemagne du prêt imposé à la Grèce par le régime nazi, a critiqué l'attaque qui "sert ceux qui veulent faire passer le peuple grec pour terroriste", dans un communiqué.

Berlin a également joué l'apaisement. Le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a assuré que les auteurs de l'attaque "ne parviendront pas à briser la bonne relation entre Allemagne et Grèce, entre peuples allemand et grec". Tout en soulignant que Berlin prenait l'incident "très au sérieux".

L'ambassadeur Dold lui-même a remercié la police et le gouvernement "pour leur réaction immédiate", ajoutant que l'attaque "n'entamera pas les relations amicales et étroites entre nos pays". Les assaillants, selon lui, "ne parviendront ni à déstabiliser la reprise économique apparente ni à créer un climat d'insécurité".

Dans une interview au quotidien allemand Bild publiée lundi et réalisée avant l'attentat, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble assure que les Européens "ne laisseront pas tomber" la Grèce sur le plan économique, ouvrant la porte à de nouvelles aides.

Depuis la crise de la dette en Grèce en 2010, l'opinion publique grecque voit l'Allemagne comme principale responsable de la rigueur imposée par les créanciers du pays, UE et FMI.

La résidence de l'ambassadeur d'Allemagne avait été visée par un attentat à la roquette en 1999, revendiqué par le groupe extrémiste grec 17-Novembre, depuis lors démantelé.

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