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Funérailles de Vito Rizzuto: une cérémonie sous le signe du «recueillement»

30/12/2013 10:40 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Le froid sibérien qui régnait sur Montréal n'a pas empêché quelques dizaines de badauds de se rassembler sur les trottoirs glacés de la Petite-Italie, lundi, pour avoir un aperçu du déroulement des funérailles de Vito Rizzuto.

Tous les regards étaient tournés vers le parvis de l'église Notre-Dame-de-la-Défense lorsque le corbillard dans lequel se trouvait la dépouille de l'ancien chef présumé de la mafia a fait son arrivée, vers 12 h 30, suivi de près d'une dizaine de limousines.

Certaines personnes interrogées dans les rues jouxtant l'église ont affirmé avoir dû se résigner à suivre l'événement à distance, ayant été expulsées du sanctuaire. Le même sort a été réservé à des représentants des médias, qui étaient présents en grand nombre.

Comme plusieurs, Giovanni Raviel faisait le pied de grue à l'extérieur essentiellement pour assouvir sa curiosité.

«On a été élevés dans le coin et on revient environ une fois par semaine. Mais là, aujourd'hui, c'est par curiosité que nous sommes venus», a-t-il laissé tomber en sirotant un café pour tenter de se réchauffer un peu en cette journée de froid polaire.

Éric, de son côté, a voulu offrir à sa belle-mère venue de Nice, en France, un tour guidé plutôt inusité.

«On a voulu voir comment ça se passait dans le quartier quand il y avait des enterrements, surtout celui-ci. C'est impressionnant de voir tous les médias qui sont ici aujourd'hui», a-t-il observé.

D'autres, comme Flavio Codarin, étaient venus pour rendre un hommage plus personnel à Vito Rizzuto, l'homme.

«Il était très gentil avec moi, parce que j'étais serveur. Il me disait: 'Flavio, watche pour ne pas que quelqu'un mette du poison dans mon assiette'. Alors il dépendait de moi», a-t-il lancé dans un grand éclat de rire.

«Je suis venu parce que je l'ai connu il y a environ 20 ans, et les enfants aussi. Je n'habite pas loin d'ici, alors je me suis dit que je viendrais», a-t-il ajouté.

Ceux qui ont assisté à la cérémonie se sont montrés avares de commentaires à leur sortie de l'église, pressant le pas et baissant la tête en apercevant les journalistes.

Le prêtre qui a célébré les funérailles, Igino Incantalupo, a pour sa part souligné que le tout s'était déroulé sous le signe du recueillement.

«Ça a été des funérailles dans la plus grande simplicité, les gens étaient d'un sérieux et d'un calme vraiment, vraiment surprenants», a-t-il confié à l'issue de la cérémonie, alors qu'il s'apprêtait à quitter les lieux.

«D'habitude, ça arrive des fois que les gens parlent dans l'église, mais là, c'était vraiment le silence et une atmosphère de recueillement», a-t-il précisé.

Les funérailles se sont déroulées sous haute surveillance policière, tout comme ce fut le cas la veille au complexe funéraire Loreto, situé dans l'arrondissement Saint-Léonard.

Des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de la Sûreté du Québec (SQ) étaient sur place, lundi, afin de mettre à jour leur banque de photos de personnes d'intérêt qui gravitent dans l'entourage de la famille Rizzuto.

La plupart d'entre eux étaient habillés en civil et se déplaçaient dans des véhicules banalisés pour éviter d'attirer les regards.

Vito Rizzuto est mort de causes naturelles lundi dernier dans un hôpital de Montréal. Il était âgé de 67 ans.

Il était rentré au Canada en 2012 après avoir passé six ans dans une prison américaine pour sa participation dans un triple meurtre en 1981.

Son père ainsi que son fils, Nick, ont été tués alors qu'il se trouvait derrière les barreaux. Les experts affirment qu'il a rapidement repris le contrôle de son territoire après sa libération.

Les funérailles des trois hommes ont eu lieu à la même église.

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