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Football - Le Paris SG en tête de gondole du tourisme qatari

30/12/2013 01:04 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST

Propriété du fonds d'investissement qatari QSI, le Paris SG est également au coeur de la stratégie de l'Emirat dans le secteur du tourisme, via un contrat très lucratif et qui suscite beaucoup d'interrogations.

"On commence à ressentir l'importance du PSG au Qatar. On a vu les affiches avec les têtes des joueurs sur le trajet depuis l'aéroport. Je sais qu'il y a eu énormément de demandes pour le match contre le Real Madrid jeudi. On sent cet engouement, c'est très bien", a commenté lundi l'entraîneur Laurent Blanc interrogé lundi en conférence de presse sur la cote d'amour du club parisien au Qatar.

Dans la capitale Doha, le PSG est mis en avant partout, de l'aéroport aux installations sportives, en passant par les centres commerciaux et les journaux.

En plus des affichages à Paris et des publicités dans les médias français, ce sont là les effets les plus concrets du fameux contrat signé avec l'office du tourisme du Qatar (QTA), qui rapporterait autour de 200 millions d'euros par an au club mais qui pose question alors que l'UEFA met en place son fair-play financier.

"Nous sommes associés avec le seul club de foot de Paris, première destination touristique au monde. La ville de Paris fait donc partie de notre stratégie. De façon indirecte nous bénéficions du prestige, de l'image culturelle et du nombre de touristes qui y viennent chaque année", a expliqué lundi à l'AFP Rashed Al-Qurese, directeur marketing de QTA, lors d'un entretien à Doha, où le PSG est en stage.

Assis sur d'immenses réserves de gaz, le Qatar, dont une banque et un opérateur téléphonique (QNB et Ooredoo) sont sponsors du PSG, souhaite désormais diversifier ses activités économiques, via le sport et le tourisme.

une affaire d'image

Dans ce contexte, le PSG et ses vedettes sont censés véhiculer une bonne image de l'Emirat, qui espère atteindre le chiffre de sept millions de visiteurs par an d'ici 2030, contre 1,2 million aujourd'hui.

"L'industrie du tourisme est quelque chose d'énorme, sans doute le premier employeur au monde. C'est un secteur d'activité qui brasse des milliards de dollars par an", explique M. Al Qurese.

"Bien sûr, on ne construit pas une destination touristique en un clin d'oeil. Nous avons eu beaucoup de succès en tant que destinations d'affaires grâce à notre économie florissante. Nous voulons désormais également grandir en tant que destination de loisirs", a-t-il ajouté.

"Nous avons fait des sondages et le niveau de reconnaissance du Qatar est déjà très élevé, autour de 90%. Nous voulons travailler sur deux autres indicateurs. Le premier: envisagez-vous de venir au Qatar ? Le 2e: avez-vous franchi le pas ?", a-t-il encore expliqué.

La stratégie est claire mais le montant de l'investissement de QTA fait grincer des dents chez certains rivaux du PSG, le Bayern Munich notamment, qui y voient une entorse au fair-play financier.

"totalement hors marché"

Pour Frédéric Bolotny, économiste et chercheur au Centre de droit et d'économie du sport de Limoges, le contrat avec QTA est ainsi "totalement hors marché".

"C'est quatre fois plus que les plus gros contrats européens. Ce contrat est évidemment fait pour renflouer les comptes d'exploitation du club, qui sont en déficit d'environ 150 millions d'euros, car le fair-play financier porte sur le déficit d'exploitation et non sur l'endettement", avait-il déclaré début novembre à l'AFP.

Les experts de l'UEFA ont déjà entendu les dirigeants parisiens à ce sujet en novembre et d'autres rendez-vous sont prévus au premier semestre 2014.

Mais pour le PSG et ses partenaires qataris, ce contrat est indiscutable, car unique.

"Ce qu'il faut comprendre c'est que ce n'est pas du sponsoring. C'est une association innovante, un partenariat à part, jamais vu auparavant dans le football", a ainsi affirmé lundi M. Al-Qurese.

"On est dans une autre catégorie. Nous n'avons pas un logo à montrer, cela n'a aucune importance pour nous de savoir combien de personnes voient le logo QTA. Ce qui compte c'est le Qatar en tant que destination touristique", a-t-il ajouté.

Cela rapporte beaucoup d'argent au PSG, mais c'est désormais à l'UEFA de dire si cela se justifie.

stt/bm

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