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La comédienne Catherine Bégin est décédée des suites d'une courte maladie

30/12/2013 02:32 EST | Actualisé 01/03/2014 05:12 EST
Agence QMI

MONTRÉAL - La comédienne Catherine Bégin est décédée dimanche soir à Montréal des suites d'une courte maladie, à l'âge de 74 ans.

La nouvelle a été confirmée lundi par son agente, Ginette Achim, visiblement chagrinée par ce départ subit, que personne n'attendait. Ses premiers mots ont été pour dire que Catherine Bégin était une femme «exquise» et un véritable pilier, et que le milieu du théâtre subissait une lourde perte. Mme Achim a aussi parlé d'une femme d'exception qui savait redonner aux jeunes générations, auprès de qui elle a enseigné les arts de la scène.

Catherine Bégin avait incarné plusieurs rôles au théâtre, au cinéma et dans des téléromans, où elle a prêté sa voix et livré des interprétations mémorables, notamment dans «Des dames de Coeur» puis «Un signe de feu», des téléromans de Lise Payette, dans «Le Parc des Braves», de Fernand Dansereau, et dans «Grand-Papa», de Janette Bertrand.

Les plus vieux l'auront d'abord vue dans «En haut de la pente douce», «La Côte de sable», «Septième Nord» ou «Le Paradis terrestre», entre autres.

Plus récemment, elle était de la distribution des téléséries «Urgence» et «Virginie».

Connue pour ses rôles dramatiques, joués avec intensité et réalisme, l'actrice savait aussi donner dans la comédie et incarner les émotions avec vérité.

Formée chez Mme Audet puis diplômée du conservatoire en 1959 (1er prix en tragédie et 1er prix en comédie classique), elle était bien sûr des premiers téléthéâtres à Radio-Canada — des classiques comme «Anna Karénine» ou «La Vie parisienne» mais aussi du «jeune» Marcel Dubé, comme «Au retour des oies blanches».

Sur scène, elle a déjà été madame Rosa dans «La Vie devant soi», madame Chasen dans «Harold et Maude», madame Blavatsky pour Jovette Marchessault, «Marie Stuart» de Schiller. Elle a joué dans «Le Temps et la Chambre» de Botho Strauss, «Les Parents terribles» de Cocteau, «Les Liaisons dangereuses» de Christopher Hampton, «Le Mariage de Figaro» de Beaumarchais, «L'Heureux Stratagème» de Marivaux ou «Les Troyennes» d'Euripide.

Il y a un peu plus d'un an seulement, le metteur en scène Serge Denoncourt, qui l'a beaucoup fait jouer, lui confie le rôle de la très vieille reine-mère dans la création de «Christine, la reine-garçon», de Michel-Marc Bouchard, au Théâtre du Nouveau Monde.

Très remarquée au cinéma dans «Les Beaux Dimanches» de Dubé, réalisé par Richard Martin, elle a ensuite moins joué pour le grand écran. On l'a vue plus récemment dans «Noémie»,«Le Secret de ma mère», «Contre toute espérance» et «Stardom».

Au chapitre des distinctions, elle avait reçu en 2005 le Masque de la meilleure actrice dans un rôle de soutien pour «Jouliks», et obtenu en 1998 le prix Victor-Morin pour les arts de la scène, remis par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Mme Bégin écrivait un jour: «J'ai eu ce magnifique cadeau de la vie d'être choisie par le métier que j'aurais choisi entre mille».

Les détails sur les funérailles seront connus dans les prochains jours.

Mme Bégin vient ajouter son nom à la triste liste des grands disparus de la scène en 2013, notamment Jean-Louis Roux, Hélène Loiselle et Huguette Oligny.

Le décès a semé la tristesse au Département de théâtre du Collège Lionel-Groulx, où Mme Bégin enseignait depuis plusieurs années.

«Le décès de Madame Bégin représente une perte énorme pour les étudiants et les enseignants du Département théâtre, car cette illustre comédienne a largement contribué à la notoriété de notre institution», a mentionné Michel Louis Beauchamp, directeur général du Collège Lionel-Groulx.

«En tant que collègues, nous perdons une grande complice qui s'impliquait entièrement à la vie départementale et nous garderons en mémoire ses judicieux conseils et réflexions sur le métier de comédien et comédienne», a noté de son côté Ghyslain Filion, coordonnateur du Département de théâtre du Collège Lionel-Groulx.

«Nous perdons une grande personne au grand cœur et nous lui faisons toute la place dans le nôtre pour longtemps», a ajouté M. Fillion.

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