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Chine: enquête pour corruption contre un collègue de l'ex-patron de la police

30/12/2013 03:00 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST

Un ancien proche collègue de Zhou Yongkang --ex-chef de la Sécurité publique chinoise et l'un des plus puissants dirigeants du pays ces dernières années--, est visé par une enquête pour corruption, ont annoncé les autorités.

Li Chongxi, président du comité du Sichuan à la Conférence consultative politique du peuple chinois --assemblée sans pouvoir de décision placée sous le contrôle du Parti communiste chinois (PCC)--, fait l'objet d'une enquête pour "graves violations de la discipline et de la loi", selon un communiqué officiel.

Cette formule caractérise de façon routinière des faits de corruption, mais aucun détail n'était fourni par le communiqué, publié dimanche par la commission centrale de contrôle de la discipline, le gendarme du Parti.

M. Li, âgé de 62 ans, dirigeait l'appareil du PCC au Sichuan (sud-ouest) à l'époque où Zhou Yongkang, entre 1999 et 2002, était le numéro un du Parti dans la province, selon les biographies des deux hommes publiés sur des sites officiels.

Li avait été ensuite promu vice-patron du PCC au Sichuan, avant d'occuper d'autres fonctions, jusqu'à son poste actuel, de rang ministériel.

L'ouverture de cette enquête fait de Li au moins le 18e responsable ayant un rang égal ou supérieur à celui de vice-ministre à tomber dans la vaste campagne anti-corruption initiée par le président chinois Xi Jinping.

Xi, à la tête du Parti depuis novembre 2012, a affiché son intention de s'en prendre "aux mouches comme aux tigres", c'est-à-dire aux cadres de tous niveaux.

Parmi ces 18 hauts cadres épinglés pour corruption, au moins cinq sont réputés proches de Zhou Yongkang. Celui-ci, ancien ministre de la Sécurité publique (en charge de la police), est l'une des figures les plus puissantes de la vie politique chinoise de la dernière décennie.

Or, le New York Times a récemment rapporté que Xi avait donné son feu vert à une enquête visant directement Zhou, qui était jusqu'en 2012 membre du Comité permanent du Politburo du PCC, la structure de sept membres détentrice du pouvoir décisionnel au sommet de l'Etat.

Si cette information se confirme, cela serait la première fois depuis plus de trois décennies qu'un responsable ayant intégré ce saint des saints politique serait visé par des investigations formelles.

Parmi les plus hauts dirigeants victimes de la campagne anti-corruption en cours figurent Jiang Jiemin, directeur de l'agence nationale supervisant les groupes d'Etat, ou encore Li Dongsheng, vice-ministre de la Sécurité publique.

Mais les experts estiment que seules des réformes politiques en profondeur permettraient de contrer efficacement une corruption endémique, et que rien n'a encore été fait en ce sens.

bur-jug/fw

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