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Bangladesh: la capitale Dacca bouclée au deuxième jour des manifestations de l'opposition

30/12/2013 04:00 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST

La capitale du Bangladesh, Dacca, restait coupée du reste du pays lundi afin d'empêcher les partisans de l'opposition de participer pour la deuxième journée consécutive à une "marche pour la démocratie" qui a fait au moins deux morts.

Les bus, les ferries et les trains ont été immobilisés en prévision de nouvelles violences en marge de cette marche interdite par la police.

"Nous avons repris les services de bus vers Dacca dimanche après-midi. Mais tous les bus ont été refoulés par les autorités quand l'opposition a décidé de prolonger la marche à lundi", a déclaré à l'AFP Faruq Talukdar, propriétaire de la plus grande compagnie de bus du pays, Sohag Motors.

Des barrages policiers bloquaient les accès routiers à la capitale. Des milliers d'agents étaient déployés dans les rues pour empêcher les regroupements.

L'opposition espérait mobiliser jusqu'à un million de manifestants dans le centre de Dacca pour tenter de forcer la Première ministre, Sheikh Hasina, à la démission et à ajourner les élections du 5 janvier.

Deux personnes ont été tuées dimanche dans des affrontements entre les manifestants armés de bombes artisanales et les forces de l'ordre qui ont fait usage de canons à eau et d'armes à feu.

La police a par ailleurs empêché la dirigeante de l'opposition, Khaleda Zia, de quitter en voiture son domicile, situé dans une banlieue huppée, pour se rendre à la marche.

Mme Zia, qui a été deux fois par le passé à la tête du gouvernement du Bangladesh, est de facto en résidence surveillée depuis mercredi dernier.

Le Bangladesh a connu cette année les violences les plus meurtrières depuis sa création en 1971 (à la suite de son indépendance du Pakistan), avec au moins 275 morts dans des manifestations.

Deux femmes s'affrontent depuis des années pour diriger ce pays : Sheikh Hasina, de la Ligue Awami, et Khaleda Zia, chef du Parti nationaliste du Bangladesh.

Le parti de Khaleda Zia a organisé plusieurs grèves nationales et manifestations de masse ces derniers mois.

L'opposition réclame la démission du gouvernement et la mise en place d'un gouvernement neutre et provisoire avant l'organisation d'élections, comme ce fut le cas dans le passé, mais la Première ministre refuse.

La crédibilité des législatives du 5 janvier est d'ores et déjà d'autant plus contestée que les autres pays ont refusé d'envoyer des observateurs internationaux au Bangladesh, qui a connu une vingtaine de coups d'Etat depuis 1971.

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