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Un député iranien réclame un procès en bonne et due forme pour deux opposants

29/12/2013 10:06 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST

Un député iranien influent a appelé dimanche la justice à mettre un terme à l'assignation à résidence de deux figures de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, et à les traduire publiquement en justice.

"Une si longue assignation à résidence sans procès n'a aucune justification, juridique ou religieuse", a déclaré Ali Motahari, député conservateur au Parlement, selon des propos rapportés par l'agence Isna.

MM. Moussavi et Karoubi sont assignés à résidence depuis février 2011 pour avoir organisé des manifestations afin de protester contre la réélection contestée de l'ex-président conservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Tous deux candidats réformateurs à la présidentielle de 2009, ils avaient dénoncé des fraudes massives lors du scrutin et appelé leurs partisans à descendre dans la rue. La répression du mouvement avait fait des dizaine de morts, et plusieurs centaines de personnes - manifestants, responsables politiques réformateurs, journalistes, membres de la société civile - ont depuis été condamnées à des peines de prison.

M. Motahari a critiqué la justice iranienne pour ne pas encore avoir clos ce dossier, plus de quatre ans après l'élection présidentielle.

La question demeure sensible dans la République islamique, malgré le départ de M. Ahmadinejad de la présidence et l'arrivée au pouvoir d'Hassan Rohani, un modéré, en août 2013.

"Cette crise ne sera pas résolue tant que l'une des parties ne sera pas autorisée à se défendre, et que l'autre continuera à porter des accusations", a déclaré Ali Motahari, fils d'un important ayatollah.

"La seule solution, c'est un procès public de Moussavi, Karoubi, et aussi d'Ahmadinejad", a-t-il ajouté, arguant que ce dernier n'avait pas correctement géré la crise.

Le procureur général Gholam Hossein Mohseni Ejei a balayé les critiques du député, et affirmé que ceux qui avaient proféré de "gros mensonges" au sujet des dirigeant en 2009 avaient commis un "grand péché".

Dans une autre déclaration rapportée par l'agence officielle Irna, M. Motahari a mis en garde les autorités qui, selon lui, "devront payer un lourd tribu si MM. Moussavi et Karoubi meurent alors qu'ils sont assignés à résidence".

Les deux hommes ont des problèmes de santé, selon la presse.

Fin novembre, le porte-parole du gouvernement avait affirmé que la levée des mesures qui frappent les deux réformateurs était au programme. Mais le gouvernement semble avoir reculé face aux critiques que cela avait suscité parmi les conservateurs.

Dimanche, le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Khamenei, a publié sur son site internet une infographie des "22 péchés" commis par les manifestants de 2009, parmi lesquels "collusion avec l'ennemi". Il avait déjà écrit, le 25 décembre, que les manifestations de 2009 étaient "impardonnables".

Ces derniers jours, la télévision d'Etat a diffusé une dizaine d'émissions très critiques envers ces manifestations.

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