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Soudan du Sud : les miliciens pro-Machar ont abandonné leur avancée (gouvernement)

29/12/2013 01:32 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST

Les miliciens que le gouvernement sud-soudanais accusait l'ex-vice président Riek Machar de mobiliser contre lui ont abandonné leur marche vers Bor, capitale de l'Etat sud-soudanais du Jonglei, a affirmé dimanche le porte-parole du gouvernement.

"Selon nos sources, les chefs locaux Lou et Dau Nuer ont convaincu les jeunes et la plupart sont rentrés chez eux", a affirmé à l'AFP le porte-parole, Michael Makuei. "Donc à moins (d'une nouvelle mobilisation), il semble que la situation se calme maintenant".

"C'est bien parce que nous ne voulons pas perdre plus de vies," a-t-il ajouté.

Juba accusait depuis samedi Riek Machar d'avoir mobilisé jusqu'à 25.000 jeunes miliciens de l'ethnie lou nuer, membres, selon le gouvernement, d'un groupe surnommé "l'Armée blanche", prêts "à attaquer à n'importe quel moment" dans le Jonglei (est).

Le porte-parole des rebelles Moses Ruai Lat n'avait pas démenti la présence de forces hostiles au gouvernement dans l'Etat. Il avait cependant affirmé qu'il ne s'agissait pas de Lou Nuer mobilisés par Riek Machar mais de soldats de l'armée qui avaient décidé de se retourner d'eux-mêmes contre le gouvernement.

Même s'il était difficile de déterminer le contrôle exercé par M. Machar sur ces hommes, la menace d'une nouvelle attaque semblait bel et bien peser sur le Jonglei.

Le porte-parole de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss), Joseph Contreras, avait ainsi appelé "les parties ayant une influence sur ces groupes armés à les convaincre d'immédiatement arrêter leur avancée pour éviter un autre bain de sang".

Le Soudan du Sud est déchiré depuis le 15 décembre par d'intenses combats alimentés par une rivalité entre le président Salva Kiir et M. Machar, limogé en juillet.

Le premier accuse le second de tentative de coup d'Etat. Riek Machar nie et reproche à Salva Kiir de chercher à éliminer ses rivaux. Les rebelles ont pris en quelques jours le contrôle de capitales régionales comme Bentiu, dans l'Etat pétrolier d'Unité (nord), et Bor, reprise par l'armée mardi.

Le récent conflit revêt aussi une dimension ethnique : la rivalité entre MM. Kiir et Machar utilise et exacerbe les différends ethniques entre Dinka, tribu du premier, et les Nuer, celle du second.

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