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Soudan du Sud : les efforts de paix piétinent, menaces d'attaques

29/12/2013 07:16 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST

Les efforts de paix étaient dans l'impasse dimanche au Soudan du Sud menacé de guerre civile: les pourparlers entre le gouvernement et les rebelles tardent à débuter et Juba accuse l'ex-vice président Riek Machar de mobiliser des milliers de miliciens.

Alors que les combats semblaient s'être calmés, Juba a accusé samedi Riek Machar de mobiliser jusqu'à 25.000 jeunes miliciens de l'ethnie lou nuer, membres d'un groupe surnommé "L'armée blanche", prêts "à attaquer à n'importe quel moment" dans l'Etat du Jonglei (est).

Selon le gouverneur par intérim du Jonglei, Ogato Chan, la capitale régionale, Bor, était pour l'instant "calme". Les Lou Nuer se trouveraient à quelque 110 km de là et se prépareraient à marcher sur la ville, a-t-il dit à l'AFP, confiant cependant dans la capacité de l'armée, qui "prend position", à les "repousser".

Le porte-parole des rebelles Moses Ruai Lat n'a pas démenti la présence de forces hostiles au gouvernement dans le Jonglei. Mais il a affirmé qu'il ne s'agissait pas de Lou Nuer mobilisés par Riek Machar mais de soldats de l'armée qui ont décidé de se retourner contre le gouvernement sans qu'il aille les chercher.

Le seul nom de l'"Armée blanche" évoque depuis des années terreur et massacres au Soudan du Sud. Le groupe était déjà actif aux côtés de Riek Machar dans les années 90, lors de la guerre civile qui a durant des décennies opposé Khartoum à Juba avant l'accès à l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011. Fin 2011 et début 2012, c'est encore elle qui a affronté, dans le Jonglei, une autre tribu, les Murles, dans de sanglantes opérations de représailles autour de vols de bétails.

Ces menaces d'attaques surviennent alors que des pays d'Afrique de l'Est et de la Corne de l'Afrique réunis au sein de l'organisation régionale Igad (Autorité intergouvernementale sur le développement) ont donné jusqu'à mardi aux deux parties pour entamer des pourparlers et stopper les combats.

Une médiation qui s'ajoute au concert d'efforts diplomatiques internationaux déployés depuis deux semaines pour éviter au Soudan du Sud de plonger dans la guerre civile.

Le président Salva Kiir et son rival Machar ont accepté le principe des pourparlers, mais sans fixer de date, et la médiation piétine.

Riek Machar ne veut s'engager à aucun cessez-le-feu tant que ne seront pas libérés tous ses alliés.

Or, selon le porte-parole du gouvernement, Michael Makuei, le gouvernement n'est prêt à libérer que 8 sur 11 de ces détenus, et uniquement quand l'ex-vice président aura accepté le cessez-le-feu et que les négociations auront commencé.

"Tant que Riek Machar n'aura pas respecté l'appel au cessez-le-feu (...), je ne pense pas que (Juba sera) en position de (s')assoir avec lui" pour discuter, a-t-il ajouté.

Pressions internationales

Le Soudan du Sud est déchiré depuis le 15 décembre par d'intenses combats alimentés par une rivalité entre MM. Kiir et Machar, limogé en juillet.

Le premier accuse le second de tentative de coup d'Etat. Riek Machar nie et reproche à Salva Kiir de chercher à éliminer ses rivaux. Les rebelles ont pris en quelques jours le contrôle de capitales régionales comme Bentiu, dans l'Etat pétrolier d'Unité (nord), et Bor, reprise par l'armée mardi.

Le récent conflit revêt aussi une dimension ethnique : la rivalité entre MM. Kiir et Machar utilise et exacerbe les différends ethniques entre Dinka, tribu du premier, et les Nuer, celle du second.

Des informations émergent sur des violences entre communautés: meurtres, viols, massacre. A travers le pays, le bilan est déjà de milliers de morts et l'ONU a annoncé la découverte d'au moins un charnier. Plus de 120.000 personnes ont été déplacées.

Au-delà des dirigeants régionaux, d'autres pays s'activent pour tenter d'enrayer la crise.

Les Etats-Unis, parrains de l'indépendance du Soudan du Sud et son principal soutien depuis, ont dépêché un envoyé en constante discussion avec les deux parties. La Chine, qui possède des intérêts dans le secteur pétrolier sud-soudanais, a annoncé l'envoi d'un émissaire.

"Toutes les violences, attaques et violations des droits de l'Homme doivent cesser immédiatement", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un communiqué diffusé depuis New York. "Les responsables (des exactions) devront répondre de leurs actes".

Débordée aux premiers jours des combats, l'ONU a décidé de doubler à 12.500 ses Casques bleus et d'envoyer des moyens aériens supplémentaires pour mieux protéger les civils. Les renforts ont commencé à arriver au compte-gouttes.

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