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Prothèses mammaires défectueuses: Londres va créer un registre national des opérations esthétiques

29/12/2013 06:00 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST

Le gouvernement britannique va créer un registre national des implantations de prothèses mammaires pour éviter que le scandale de la société française PIP, qui a vendu pendant des années des implants défectueux, ne se reproduise.

"Depuis trop longtemps, toute régulation a été complètement absente dans l'industrie esthétique et il y a trop de récits de femmes qui ont eu leur vie détruite par des entreprises ou des praticiens de la cosmétique malhonnêtes", a déclaré samedi soir le secrétaire d'Etat à la Santé Dan Poulter.

"Cela doit changer, c'est pourquoi nous prenons des mesures importantes pour réprimer les cow-boys de l'esthétique", a-t-il ajouté.

"Pour la première fois, il va y avoir une formation appropriée pour les chirurgiens esthétiques et nous allons mettre en place un registre des implantations de prothèses mammaires qui permettra de mieux surveiller la qualité des implants et, si nécessaire, d'agir plus rapidement pour protéger les femmes", a-t-il détaillé, précisant que le registre serait testé à partir du mois prochain.

Le type d'implant mammaire sera répertorié au même titre que le sont déjà les prothèses de hanche ou de genou.

Le ministère britannique de la Santé a accepté la majorité des recommandations d'une étude menée par le directeur médical du NHS, le service de santé publique du pays, après la découverte du scandale des prothèses défectueuses de PIP.

Près de 50.000 femmes au Royaume-Uni et plus de 300.000 dans le monde seraient porteuses d'implants PIP. La justice française a dénombré plus de 7.000 victimes déclarées de prothèses défectueuses, dont environ un tiers d'étrangères.

Au Royaume-Uni, nombre de cliniques privées n'avaient pas d'archives de leurs opérations, laissant les femmes dans l'incapacité de savoir si elles étaient porteuses d'un implant PIP.

Début décembre, le fondateur de PIP, Jean-Claude Mas a été condamné à quatre ans de prison ferme et 75.000 euros d'amende par la justice française pour fraude sur le gel de silicone des implants. Il a également été condamné à verser des dommages et intérêts allant de 6.000 à 13.000 euros à une majorité des 7.113 plaignantes.

La décision du gouvernement britannique a été saluée par le président de l'association britannique des chirurgiens esthétiques, Rajiv Grover.

"Un registre centralisé et complet se fait attendre depuis longtemps et est essentiel pour la sécurité des patients", "mais il doit être rendu obligatoire sans quoi c'est une perte de temps", a-t-il dit.

Près 10.000 opérations d'augmentation mammaire ont lieu chaque année au Royaume-Uni. Selon la BBC, l'industrie de l'esthétique connaît un véritable boom dans le pays, avec un chiffre d'affaires qui est passé de 750 millions de livres (898 millions d'euros) en 2005 à 2.3 milliards en 2010 et des prévisions de 3,6 milliards pour 2015.

mc/ia

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