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Bahreïn: le chef de l'opposition chiite libéré mais interdit de voyager

29/12/2013 01:59 EST | Actualisé 27/02/2014 05:12 EST

Le chef du principal mouvement de l'opposition chiite à Bahreïn, cheikh Ali Salman, arrêté samedi, a été laissé libre mais interdit de voyager en raison d'une enquête pour incitation à la haine confessionnelle, a annoncé tard samedi le procureur général.

Le secrétaire général d'Al-Wefaq a été convoqué pour interrogatoire et "accusé d'incitation à la haine confessionnelle et à la propagation de fausses nouvelles de nature à nuire à la sécurité nationale", a déclaré le procureur général Abdel Rahmane al-Saïd à l'agence officielle Bna.

Il a ajouté avoir ordonné de laisser M. Salman "libre et de lui interdire de voyager pour les besoins de l'enquête".

Assisté par ses avocats, cheikh Ali Salman, a été interrogé sur le contenu d'un discours prononcé vendredi, a-t-il ajouté.

Dans ce discours, le chef d'Al-Wefaq a tenu des propos "incitant à la haine contre une communauté confessionnelle du pays (les sunnites) et a accusé des institutions de l'Etat de se livrer à des pratiques illégales", selon le procureur.

Ce discours a été suivi par des "troubles, des actes de violence et des agressions contre les forces de l'ordre qui ont fait des blessés dans leurs rangs", a-t-il insisté.

Dans un communiqué, six groupes de l'opposition, dont Al-Wefaq, ont dénoncé les mesures prises contre cheikh Salman, y voyant "une atteinte à la liberté d'expression à Bahreïn".

Al-Wefaq, le plus important des groupes de l'opposition bahreïnie, milite officiellement pour une véritable monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe, peuplé en majorité de chiites, et dirigé par une dynastie sunnite, celle des Al-Khalifa.

Il affirme sans cesse rejeter la violence mais les autorités imputent à ses partisans une partie des troubles qui secouent le pays depuis février 2011.

Dans la plus récente illustration de ces troubles, la police de Bahreïn, a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche avoir neutralisé une voiture piégée. Le véhicule contenait, selon un haut responsable policier, des engins explosifs de fabrication artisanale, trois grenades, dont l'une munie d'un dispositif de mise à feu à distance, et deux jerricanes remplis d'essence.

Dans le même temps, la police a indiqué avoir arrêté l'un des auteurs présumés d'une explosion à l'aide d'un engin de fabrication artisanale qui avait blessé deux policiers le 17 décembre.

Face à la persistance de ce mouvement, le pouvoir a alourdi cet été les peines pour les auteurs de violences et introduit la peine de mort ou la prison à perpétuité en cas de morts ou de blessés. Les autorités ont également interdit les manifestations à Manama.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 89 personnes ont été tuées à Bahreïn depuis le début de la contestation.

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