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Attentat-suicide dans une gare en Russie: au moins 16 morts et 50 blessés

29/12/2013 05:54 EST | Actualisé 28/02/2014 05:12 EST

MOSCOU - Au moins 16 personnes ont été tuées et une cinquantaine d'autres blessées, dimanche, après qu'un kamikaze eut déclenché des explosifs dissimulés sur lui dans une gare dans le sud de la Russie, ont annoncé les autorités russes.

L'attentat-suicide survenu à Volgograd n'a pas été immédiatement revendiqué. Il s'est toutefois produit quelques mois après que le leader rebelle tchétchène Doku Umarov eut promis de mener de telles attaques contre la population civile en Russie, notamment à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, qui auront lieu en février.

Les autorités russes ont, dans un premier temps, affirmé, que l'auteur de l'attentat était une femme mais elles se sont ravisés, indiquant qu'il pourrait tout aussi bien être un homme. Citant des agents de surveillance anonymes, l'agence de presse Interfax a annoncé que les caméras montraient que le terroriste était un homme. Un doigt pris dans la goupille d'une grenade à main et appartenant à un homme aurait été retrouvé sur les lieux.

Située à 900 kilomètres au sud de Moscou, Volgograd, l'ancienne Stalingrad, se trouve à 650 kilomètres au nord-est de Sotchi, une ville touristique nichée entre la mer Noire et les montagnes du Caucase du Nord. Au cours des dernières années, la Russie a été le théâtre de plusieurs attentats-suicides et attaques effectués par les rebelles islamistes du Caucase du Nord.

Le gouvernement russe a déployé des dizaines de milliers de soldats, policiers et membres des forces de sécurité afin de protéger les Jeux olympiques, que le président Vladimir Poutine considère comme son projet personnel, et les organisateurs ont promis de faire des Jeux de Sotchi les «Olympiques les plus sécuritaires de l'histoire».

Le Canada a fermement condamné l'attentat qualifié de «lâche et d'haineux» par le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird. Il a ajouté que le pays continuera «d'échanger avec la Russie à propos des mesures spéciales de sécurité qui seront mises en place dans les installations olympiques, les aéroports, les postes frontaliers et les autres secteurs à accès réglementé».

Vladimir Markine, le porte-parole du Comité d'enquête, la plus importante agence d'investigation de la Russie, a déclaré que l'auteur de l'attentat de dimanche avait fait éclater sa bombe devant un détecteur de métal à l'entrée principale de la gare.

«Lorsque le kamikaze a vu un policier devant un détecteur de métal, il a paniqué et a déclenché son engin explosif», a affirmé M. Markine dans un communiqué. Il a ajouté que la bombe contenait environ 10 kilogrammes de TNT et était remplie de fragments de métal.

Selon Vladimir Markine, les contrôles de sécurité ont permis d'éviter que l'explosion ne fasse un plus grand nombre de victimes dans la station, qui était bondée au moment de l'incident.

Il a annoncé que 14 personnes, dont le kamikaze, avaient été tuées sur le coup et que les deux autres victimes avaient succombé à leurs blessures plus tard à l'hôpital.

Le ministère russe de la Santé a indiqué qu'environ 50 personnes avaient été blessées. M. Markine a précisé que, sur le lot, 34 étaient hospitalisées et que plusieurs se trouvaient dans un état critique.

Il n'a pas été immédiatement possible de déterminer d'où provenait l'auteur de l'attaque de dimanche. D'après l'agence de presse ITAR-Tass, les autorités du Daguestan vérifiaient si la kamikaze était originaire de la région.

La Tchétchénie est devenue plus stable sous le joug de l'homme fort que Moscou a placé à sa tête et qui a intégré aux forces de sécurité de la république russe plusieurs anciens rebelles. Le foyer de l'insurrection s'est déplacé dans la république voisine du Daguestan, où les policiers et les autres représentants des autorités font l'objet d'attaques presque quotidiennes.

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