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Thaïlande : un tireur ouvre le feu sur des manifestants antigouvernementaux

28/12/2013 01:29 EST | Actualisé 26/02/2014 05:12 EST

Un opposant thaïlandais d'une trentaine d'années a été tué samedi à Bangkok et quatre autres ont été blessés par un tireur non identifié qui a ouvert le feu sur un groupe de manifestants antigouvernementaux, a-t-on appris auprès des secours.

Cette fusillade intervient deux jours après des heurts entre la police et quelque 500 manifestants déterminés à empêcher la tenue d'élections législatives anticipées convoquées pour le 2 février par la première ministre, Yingluck Shinawatra, afin de sortir de la crise qui secoue le pays depuis deux mois.

Au total, huit personnes ont été tuées et 400 autres blessées, en marge de manifestations, depuis le début du mois de décembre.

Le général Prayuth Chan-ocha avait pourtant lancé un appel au calme, vendredi, exhortant les adversaires politiques du pays à surmonter leurs différends et n'excluant pas la possibilité d'un coup d'État militaire tant que la crise ne sera pas résolue.

Mobilisés depuis des semaines, les manifestants réclament le départ de Yingluck, soeur du magnat des télécoms Thaksin Shinawatra, qu'ils accusent d'agir aux ordres de son frère.

Yingluck Shinawatra, qui a confortablement remporté les élections de 2011 et jouit du soutien des populations rurales pauvres du nord et du nord-est de la Thaïlande, est déterminée à mener à bien le processus électoral. Son gouvernement a demandé vendredi l'aide de l'armée pour protéger les candidats et les électeurs.

L'armée ni ouverte ni fermée à un coup d'État

L'armée thaïlandaise, habituée des coups d'État, mais restée neutre jusqu'à présent, a déclaré que la porte n'était « ni ouverte ni fermée » à un coup d'État militaire.

Les coups de feu fatals à un manifestant se sont produits près du siège du gouvernement, où campent plusieurs centaines d'opposants depuis des semaines.

Un témoin a déclaré que les tirs provenaient peut-être d'une voiture. Les manifestants ont trouvé sur les lieux plusieurs douilles de petit calibre.

Les deux premières années de gouvernement de Yingluck Shinawatra s'étaient déroulées sans véritable accroc jusqu'à la présentation en novembre d'un projet d'amnistie qui a déclenché cette nouvelle vague de contestation.

Le texte, qui aurait pu bénéficier à Thaksin, condamné en 2008 pour corruption et parti en exil, a finalement été retiré, mais trop tard pour freiner l'élan des opposants.

L'opposition, qui a démissionné en bloc du parlement, acculant la première ministre à une dissolution, est accusée de vouloir recréer une situation similaire à celle de 2006, quand l'armée était intervenue après des mois de chaos politique.

Avec son refus de participer aux législatives anticipées fixées au 2 février 2014, le Parti démocrate, principale formation d'opposition, joue en effet la carte de la radicalité, refusant toutes les médiations proposées.

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