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Les différents volets de l'enquête anticorruption qui menace le gouvernement turc

28/12/2013 06:50 EST | Actualisé 27/02/2014 05:12 EST

Le scandale politico-financier qui menace le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a pour origine une enquête à tiroirs lancée par le bureau du procureur d'Istanbul il y a plus d'un an pour corruption, fraude et blanchiment d'argent.

+ Le premier volet des investigations concerne des ventes illégales d'or de Turquie vers l'Iran, sous embargo international en raison de son programme nucléaire controversé.

Selon les éléments de l'enquête citées dans la presse turque, l'organisateur présumé de ce trafic, l'homme d'affaires azéri Rezza Zarrab, aurait maquillé les transactions financières liées à ces ventes grâce à la banque publique turque Halk Bank, dirigée par Suleyman Aslan. La banque a catégoriquement démenti ces informations.

M. Zarrab aurait également monnayé des facilités, comme l'obtention de la citoyenneté turque, des permis de résidence et de travail, auprès de Baris Güler et Kaan Caglayan, les fils des ministres de l'Intérieur Muammer Güler et de l'Economie Zafer Caglayan qui ont nié toute implication dans l'affaire mais démissionné mercredi.

Le nom de l'ex-ministre des Affaires européennes Egemen Bagis, remercié lors du même remaniement gouvernemental, a également été cité dans ce dossier.

MM. Zarrab et Aslan, ainsi que les fils des deux ministres démissionnaires, ont été inculpés et placés en détention provisoire.

+ Deux autres enquêtes ouvertes visent des malversations et des irrégularités commises à l'occasion d'appels d'offres publics immobiliers.

La première soupçonne Abdullah Oguz Bayraktar, le fils du ministre de l'Environnement démissionnaire Erdogan Bayraktar, et plusieurs responsables du même ministère d'avoir vendu des permis de construire contre des pots-de-vin versés par des patrons d'entreprises de bâtiment comme celle du magnat turc du BTP Ali Agaoglu.

Le seconde vise directement le maire du très religieux district stambouliote de Fatih, Mustafa Demir, membre du Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan, accusé d'avoir accordé des permis de construire contre rétribution dans une zone interdite à cause de la construction du tunnel ferroviaire sous le Bosphore.

La plupart des personnes mises en cause ont été inculpées mais laissées en liberté.

+ Les procureurs d'Istanbul s'apprêtaient cette semaine à procéder à une deuxième vague d'arrestations pour des malversations liées à des marchés immobiliers mais la trentaine de mandats délivrés à la police judiciaire n'a pas été exécutée, ainsi que l'a révélé jeudi le procureur Muammer Akkas.

Selon la presse turque, des patrons de grands groupes de BTP turcs comme Limak et Kalyon et des élus proches du pouvoir figuraient sur cette liste de suspects.

Des quotidiens turcs ont également affirmé que les procureurs s'intéressaient dans ce cadre à une ONG, la Fondation turque pour le service des jeunes et de l'éducation (Turgev), dont le premier des deux fils de M. Erdogan, Bilal, est l'un des dirigeants.

pa/abk

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