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La politique allemande met la pression sur Ankara

28/12/2013 11:17 EST | Actualisé 27/02/2014 05:12 EST

Plusieurs politiques allemands ont appelé Ankara samedi à résoudre la crise qui secoue la Turquie, le ministre des Affaires étrangères parlant de "test" pour la démocratie turque et l'euro-député Elmar Brok de la fin de l'ère Erdogan.

"Nous faisons confiance à la force de l'État turc pour faire la lumière sur les soupçons de corruption qui ont cours, sans distinction de personnes", a déclaré au Bild am Sonntag le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, qui vient de prendre ses fonctions. La capacité d'Ankara à élucider l'affaire "aura valeur de test pour toute politique qui se revendique d'un État de droit", a poursuivi M. Steinmeier dans un extrait de l'interview diffusé à l'avance.

"L'État de droit et la lutte conséquente contre la corruption sont des conditions sine qua non à une adhésion à l'Union européenne", a renchéri son secrétaire d'État Michael Roth, interrogé samedi par l'édition en ligne du Handelsblatt. "Il est dans l'intérêt de la Turquie de montrer maintenant qu'elle est une démocratie à l'épreuve des crises, qui adhère pleinement à nos valeurs communes", a-t-il poursuivi.

"Nous autres Allemands observons les développements à Ankara et à Istanbul avec une grande attention", a déclaré pour sa part M. Steinmeier, qualifiant la Turquie de "partenaire très important" pour Berlin. "Dans une région, le Moyen-Orient, marquée par les crises et les conflits, nous avons besoin d'une Turquie forte comme pôle de stabilité vers l'intérieur et vers l'extérieur", a-t-il également martelé.

L'Allemagne compte la plus grosse communauté turque hors de Turquie, avec quelque trois millions de personnes.

La Turquie s'enfonçait dans la crise politique samedi, alors que le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, dont le gouvernement est éclaboussé par un scandale de corruption, refuse de céder aux pressions de la justice et de la rue. Des incidents violents ont eu lieu dans plusieurs villes du pays dont Istanbul et Ankara.

Pour Elmar Brok, euro-député conservateur allemand et président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, "Erdogan a fait son temps". En s'accrochant au pouvoir, le Premier ministre turc fait subir à son pays "une perte dramatique de crédibilité", a-t-il jugé sur les ondes de la radio publique allemande Deutschlandfunk samedi.

mtr/ai

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