NOUVELLES

Des opposants iraniens réclament une enquête indépendante après une attaque de leur camp en Irak

28/12/2013 12:04 EST | Actualisé 27/02/2014 05:12 EST

Des opposants iraniens se sont rassemblés samedi devant le ministère français des Affaires étrangères à Paris pour réclamer à la France d'intervenir au Conseil de sécurité de l'ONU en faveur d'une enquête indépendante sur des tirs de roquettes ayant visé le camp Liberty, près de Bagdad.

Environ 200 personnes, dont des familles des habitants de ce camp et des sympathisants, sont venues soutenir cette demande à l'appel des Moujahidine du peuple, a déclaré un de leurs porte-parole.

"Nous demandons que la France oeuvre auprès de l'ONU à la protection des habitants du (camp) Liberty et que la France intervienne au Conseil de sécurité de l'ONU pour une enquête indépendante sur les massacres au (camp) Liberty et dans le camp d'Achraf en septembre", a-t-il ajouté.

Trois personnes ont été tuées et 71 blessées jeudi soir en Irak par une trentaine de roquettes tirées contre le camp Liberty, près de l'aéroport de la capitale irakienne, selon le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), dont les Moujahidine du peuple sont la principale composante.

Il s'agit de la quatrième attaque à la roquette cette année contre ce camp, une ancienne base militaire américaine, où se trouvent près de 3.000 membres des Moujahidine du peuple iraniens.

Existant depuis 1965, avec pour objectif de renverser le régime du Chah, puis le régime islamique, les Moujahidine ont été chassés d'Iran dans les années 1980. La plupart se sont installés à Achraf, au nord-est de Bagdad, pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), avec le soutien du régime de Saddam Hussein.

Ils ont été désarmés après l'intervention américaine en 2003, et le gouvernement irakien, en majorité chiite, qui s'est rapproché de Téhéran, cherche depuis à se débarrasser de leur présence, jugée encombrante.

Début septembre, 52 personnes avaient été tuées dans le camp d'Achraf dont plusieurs avaient été abattues les mains liées dans le dos, selon l'ONU.

Les Moujahidine du peuple, dont une centaine de membres habitaient le camp d'Achraf, avaient accusé une unité spéciale des forces de sécurité irakiennes dépendant du Premier ministre d'être responsable de cette attaque. Le gouvernement irakien avait mis en place une commission d'enquête et affirmé que ses forces s'étaient défendues après avoir été attaquées.

blb/bds

PLUS:hp